
La montée du mal
Histoire par: CN Winters et Susan Carr
Écrite par: CN Winters et Susan Carr
Dirigée par: CN Winters et Susan Carr
Produite par: CN Winters et Susan Carr
Éditée par: Kate
Département du son: Steff
Directeur artistique: Chris Cook
Artistes: Chris Cook, CN Winters, Cynthia Taz, David Zahir, Chantal, Mytryk
Traduction par: Hélène Fortier
Introduction
INT. Vestibule du Conseil des Observateurs – Jour
Cleveland
Faith était assise sur le sol, Rachel dans les bras. Elle la berçait doucement et lui parlait.
"Allez," dit-elle en la déposant par terre. "Réveille-toi."
Tueuses et Observateurs commençaient à se relever. Vi courut à l'extérieur et regarda de tous les côtés pour trouver des traces de Jeffrey. Peine perdue. Elle soupira et revint à l'intérieur de l'immeuble. Faith essayait à présent de réanimer Rachel.
"Il faut que tu te battes, Rachel!" cria Faith en poussant de plus en plus rapidement sur le torse de la jeune fille.
Une main foncée se posa sur l'épaule de Faith, mais elle la repoussa.
"C'est trop tard, Baby," lui dit doucement Robin.
"Non," répliqua la Tueuse en pinçant le nez de Rachel et en lui soufflant deux fois dans la bouche. Elle se redressa et recommença ses poussées.
"Elle est partie, Faith." Il tendit la main vers elle une fois de plus, mais elle se leva et le repoussa durement.
"Non!" lui cria-t-elle.
"Je suis désolé," dit-il sincèrement, après un long silence.
"Qu'est-ce que tu connais là-dedans?" cria Faith avant de partir en courant vers les dortoirs des Tueuses.
Robin se tourna vers Vi et Rona. "Aidez toutes celles que vous pourrez," dit-il. Les deux Tueuses hochèrent la tête et se mirent au travail.
INT. Quartiers des Tueuses – Quelques instants plus tard
Cleveland
Faith entra dans la salle d'entraînement et s'écroula en pleurant. Après quelques instants, elle bondit sur ses pieds et frappa le sac de frappe, le faisant revoler plus loin. N'ayant plus rien sur quoi cogner, elle attrapa des poids et les lança de l'autre côté de la pièce. Ils allèrent briser le grand miroir qui recouvrait le mur d'en face. Elle ne s'arrêta qu'une fois exténuée, et elle s'écroula alors sur le tapis.
INT. Vestibule du Conseil des Observateurs – Même moment
Cleveland
"Jeffrey?" dit une voix venant du deuxième étage. "Où est Jeffrey?"
La mère du jeune homme descendit l'escalier à toute vitesse, et Robin alla la rejoindre.
"M. Wood," dit-elle, "où est Jeffrey? Avez-vous vu ce qui l'a emmené? Est-ce…"
Robin l'interrompit. "Calmez-vous, ok?"
"Je dois le retrouver," insista-t-elle.
"C'est ce qu'on va faire," dit l'homme en lui prenant le coude et en la ramenant en haut. "Je vais vous dire ce qu'on sait, d'accord?"
Juste en-dessous d'eux, au rez-de-chaussée, Willow était agenouillée près de Kennedy.
"Chérie, tu m'entends?" demanda Willow.
Kennedy ouvrit les yeux très lentement, mais ne bougea pas. "Ils l'ont eu, hein?"
Willow hocha tristement la tête. "Et Rachel est morte," ajouta-t-elle.
"Fils de pute," siffla Kennedy.
Rowena et Giles arrivèrent pour examiner la Tueuse.
Giles se plaça en face de Willow alors que Rowena allait aux pieds de Kennedy.
"Peux-tu lever la main?" demanda-t-il.
Kennedy obéit. Rowena enleva la botte de la Tueuse. "Est-ce que tu sens ça?" demanda la blonde en exerçant une petite pression sur son pied.
"Si je sens quoi?" demanda Kennedy.
Rowena lui prit la cheville et pressa plus fort. "Ça?"
"Non," répondit la Tueuse, soudainement très inquiète. "Willow?" dit-elle en agrippant la main de sa petite-amie. Kennedy semblait être sur le point d'hyper-ventiler, alors Giles voulut la rassurer.
"Shh," dit-il. "Du calme, Kennedy. Du calme." Il prit le sac qu'une Observatrice en formation avait amené, et en sortit une seringue.
"C'est quoi ça?" demanda Kennedy alors qu'il préparait l'instrument.
"C'est un calmant," répondit-il. "Tu dois te reposer. Ça ne va durer que quelques heures. Ok?"
"Willow?" répéta Kennedy, la peur montant de plus en plus en elle.
"Tout va bien aller," dit la rouquine en lui donnant un baiser sur le front au moment où Giles la piquait. "On ne laissera rien t'arriver. Je ne laisserai rien t'arriver, ok? Essaie de te calmer, ma belle."
Willow lui caressa les cheveux. "Shhh. Ferme les yeux," murmura-t-elle à l'oreille de la Tueuse. Après quelques instants, Kennedy fut profondément endormie.
"Elle va guérir, hein?" demanda Willow en se redressant. "Elle est une Tueuse alors elle peut guérir, hein?"
"Je n'ai jamais rien lu de tel, Willow. Je n'en sait rien," lui dit Giles.
"Alors cherchez," insista la jeune femme. "On est le foutu conseil. On devrait savoir ce genre de chose."
"C'est ce qu'on va faire. Mais on doit commencer par voir si les autres ont besoin d'aide."
Giles se tourna pour ranger l'équipement. C'est alors que Willow remarqua le sang à l'arrière de sa tête.
"Vous saignez," dit-elle.
"Beaucoup de personnes saignent en ce moment," répondit-il. "Alors amenons Kennedy à l'infirmerie, et ensuite on reviendras pour les autres."
EXT. Parc – Jour
Cleveland
Kennedy savait qu'elle était endormie. Elle en était certaine, mais le rêve semblait si réel. Elle marchait sur le trottoir, le long d'une clôture, comme si elle cherchait quelque chose. Elle ne savait pas quoi, mais elle avait l'impression que c'était important.
Tout à coup, elle entendit une voix féminine. "Ce n'est pas ici que tu vas trouver ce que tu cherches."
Kennedy se retourna pour faire face à l'étrangère. Elle était certaine d'avoir déjà vu cette femme…mais où? Soudain, elle se rappela. Elle l'avait vue sur une photo qui appartenait à Willow.
"Tara," dit Kennedy avec certitude.
Acte un
INT. Conseil des Observateurs – Soir
Cleveland
Willow frappa à la large porte de bois qui penchait maintenant un peu. Quelques instants plus tard, celle-ci s'ouvrit dans un grincement. De l'autre côté se tenait la mère de Jeffrey, les yeux rouges et un bandage sur la tête.
"Willow!" dit-elle en la tirant dans la pièce. "Des nouvelles?"
"Non, toujours rien, Lily," répondit la rouquine. "Euh…en fait c'est pour ça que je suis là. Je vais faire tenter de le localiser avec la magie, et pour ça j'aurais besoin de quelque chose qui lui appartient. Quelque chose de personnel, et plus il a passé de temps avec mieux c'est."
Lily Lindquist réfléchit un moment et hocha la tête. "Attends un peu," dit-elle avant d'aller dans la plus petite des deux chambres.
En attendant, Willow regarda la pièce détruite par le démon. Après quelques minutes, elle entendit pleurer.
"Lily?" appela-t-elle en allant la rejoindre. Elle la trouva assise sur le lit de Jeffrey, un livre ouvert sur les genoux.
"Lily?" répéta la sorcière en entrant dans la chambre.
"Je…je suis désolée, Willow," dit la femme.
La rouquine s'assit près d'elle. "Son journal?" demanda Willow.
Lily hocha la tête. "Il…Il m'avait supplié de l'acheter quand il a commencé à suivre tes cours."
"Je sais," dit Willow. "La première journée, j'ai suggéré à tous mes élèves d'écrire à chaque jour. C'est une bonne habitude…et pas seulement pour les Observateurs."
"Je ne crois pas qu'il ait sauté une seule journée depuis qu'il l'a commencé," dit Lily en s'essuyant les yeux. "C'était ouvert sur son bureau…je ne voulais pas le lire, mais…"
"Il va comprendre," la rassura rouquine.
Lily se tourna vers elle. "Tu dois le trouver, Willow," dit-elle sur un ton désespéré.
"Bien sûr, Lily…"
"Non!" l'interrompit la femme. "Tu dois le trouver. Il…il croyait en toi. Regarde."
Elle tendit le journal à Willow et lui montra le plus récent passage.
"Ces vampires étaient vraiment épeurant, et j'ai cru que mon cœur allait exploser quand j'ai plongé mon pieu dans l'un d'eux," lit la sorcière à haute voix. "Mais c'est alors que je me suis rappelé que Willow a commencé à en combattre quand elle était plus jeune que moi. Je sais que je devrais avoir peur, mais Willow ne laissera jamais rien nous arriver. J'espère seulement qu'un jour je serai aussi fort qu'elle pour pouvoir protéger les gens moi aussi."
Sur le bord des larmes, la rouquine ferma doucement le livre.
"Je t'en prie, trouve-le, Willow," supplia Lily.
La sorcière se tourna vers elle et hocha la tête. "Je vous rapporte ça dès que je peux."
INT. Salle de magie de Willow – Soir
Cleveland
Willow était assise devant l'autel, où un court bâton d'encens brûlait. Le journal de Jeffrey était posé sur ses jambes, et devant elle se trouvait une carte de la ville.
Elle prit une poignée d'herbes et en répandit sur la carte. "Montrez-moi Jeffrey Lindquist," murmura-t-elle. Elle ouvrit les yeux.
Rien n'avait bougé.
Willow plaça le journal sur la carte et réessaya.
"Montrez-moi Jeffrey Lindquist," répéta-t-elle.
Elle soupira en signe de frustration, se leva et alla jusqu'à son bureau. Elle fouilla un instant jusqu'à ce qu'elle trouve un stylo doré. L'objet portait les initiales R.J.G.. Elle retourna à la carte, la nettoya et mit d'autres herbes dessus. Elle y déposa ensuite le crayon.
"Montrez-moi Rupert Giles," dit-elle.
Voyant que rien ne se produisait, elle prit le crayon et sortit de la pièce à toute vitesse.
INT. Cuisine du Conseil des Observateurs – Même moment
Cleveland
"On n'a plus de poivre," dit Andrew en plaçant une cuillère à côté de l'énorme pot qui se trouvait près du four.
Giles hocha la tête et alla vers l'armoire à épices. Quand il entendit un sanglot, il s'arrêta mais revint finalement vers Andrew, la bouteille en main.
"Andrew," commença Giles en lui tendant le pot. "Je sais que ça allait bien entre toi et Mora, mais…"
"Pourquoi est-ce que tous mes amis finissent par se faire tuer?" demanda le jeune homme. "Est-ce que c'est à cause de moi? Est-ce que je devrais aller vivre dans un coin perdu pour mettre la vie de personne d'autre en danger?"
"Ce n'est pas ta faute, Andrew," insista Giles.
"Vraiment? Parce que moi, je dis que si je l'avais pas fait venir ici, elle serait encore en vie."
"Si tu ne l'avais pas fait venir ici, encore plus de gens seraient morts. Elle s'est sacrifiée pour protéger quelqu'un qu'elle aimait. Et on meurt tous un jour, Andrew. Ce qui compte, c'est ce qu'on fait d'ici-là."
"Ce que j'ai fait, c'est l'amener ici contre son gré et la faire tuer," répliqua Andrew. Il reprit la cuillère et se mit à remuer en silence.
Giles n'ajouta rien. Il se contenta de regarder le jeune homme préparer la soupe qui allait nourrir les moins mal en point. C'est alors que Willow entra dans la pièce. Elle alla rejoindre Giles et lui tendit le crayon.
"Oh!" dit-il, surpris. "Merci, Willow. Je l'ai cherché partout."
Willow soupira. "Vous n'existez pas," dit-elle.
"Pardon?" demanda Giles en remettant le stylo dans la poche de sa chemise. Il amena la rouquine à l'écart.
"J'ai essayé de localiser Jeff," expliqua-t-elle. "Rien. Alors j'ai essayé avec votre stylo et devinez quoi? Même chose."
"Bien tu sais, les rumeurs qui circulent concernant ma non-existence sont vraiment exagérées. Je suis là, comme tu vois."
"C'est pas drôle, Giles," dit-elle, le visage rouge de colère.
"Je n'ai jamais dit que ça l'était," répondit-il.
"On doit trouver Jeff, et on doit le faire maintenant!"
"Qu'est-ce qui t'arrive?" demanda Giles. "Rendue à ton niveau, tu pourrais faire un sort de ce genre en dormant."
"Je sais!" Réalisant qu'elle se laissait emporter, elle leva les mains pour s'excuser. "Peu importe la raison, ça marche pas. C'est comme quand je suis revenue d'Angleterre et que je pouvais pas voir Buffy et les autres parce que je m'étais mis des barrières."
"Tu penses que tu l'as encore fait? Tu as été soumise à un énorme stress durant les dernières heures," demanda-t-il.
"Non, c'est pas le stress qui a causé le problème la dernière fois. C'était la peur. Mais cette fois-ci, je sens que quelque chose me bloque," dit-elle. "Le démon m'a fait quelque chose. J'en suis sûre."
"Rowena fait des recherches. Allons voir si elle a trouvé quelque chose."
Willow hocha la tête et suivit Giles, laissant Andrew seul dans la pièce.
INT. Bibliothèque du Conseil des Observateurs – Quelques instants plus tard
Cleveland
Rowena était assise à l'ordinateur. Plusieurs livres, incluant Opus Obscurum, étaient ouverts près d'elle. Willow et Giles entrèrent et regardèrent l'écran par dessus son épaule.
"Le démon Vutch?" lut Giles.
"Ouais," dit Rowena. "L'information contenue dans l'Opus confirme sa capacité à se cloner. Et Mora avait raison. La seule façon de les tuer, c'est par le feu."
"Ils disent quelque chose sur de quelconques pouvoirs magiques?" demanda Willow.
Rowena tapa quelque chose à l'écran, ce qui ouvrit un autre dossier. "Rien de spécifique, mais ils sont très intelligents alors on ne sait pas trop. Pourquoi?"
"Quelque chose bloque ma magie," expliqua Willow. "Je n'ai pas réussi à localiser Jeff."
"Tu ne pense quand même qu'il…" Rowena laissa sa phrase en suspens.
"Non," s'empressa de dire Willow. "J'ai pensé ça au début, mais ensuite j'ai essayé de localiser Giles et d'après le résultat, il serait mort lui aussi."
Rowena fronça les sourcils.
"On n'a absolument aucune idée de ce qui t'arrive, alors il est impossible de te 'débloquer'," ajouta Giles. "Je pourrais toujours faire un sort général, mais ça n'aura probablement aucun effet sur quelque chose d'assez puissant pour bloquer une sorcière de ton niveau."
"Pourquoi n'essaieriez-vous pas, Giles?" demanda Rowena. "Et si ça ne marche pas, alors on pourra en conclure que le démon a bloqué tout le monde, et pas seulement Willow."
"Tenez," dit la sorcière en plaçant le stylo de Giles sur la table. "Essayez de bouger ça."
L'Observateur se concentra sur le crayon, et secoua la tête après un moment. "Rien," dit-il.
"Bon, alors on est dans la merde et Jeff est quelque part en train d'en payer le prix," dit sèchement la sorcière.
"Willow…" commença l'Observateur.
"Non!" dit la rouquine. "Tout va mal, Giles. Rachel est morte, l'amie d'Andrew est morte, Kennedy est paralysée et un jeune garçon s'est fait kidnapper par des démons et…et Dieu seul sait ce qu'ils veulent lui faire, et…et je peux rien changer à tout ça!"
"Willow," répéta doucement Giles avant de la serrer dans ses bras. Elle essaya tout d'abord de se défaire de son étreinte, mais l'homme serra plus fort. Willow finit par abandonner et se blottit contre lui, secouée de sanglots. Rowena regardait la scène, se sentant terriblement impuissante. Après quelques instants, elle s'approcha et posa une main sur l'épaule de la sorcière.
"Willow," commença-t-elle. "On va le retrouver autrement."
La rouquine s'éloigna un peu, s'essuyant les yeux. "Oui…autrement," dit-elle en reniflant. "On ne peut pas tout régler avec la magie, je sais. Mais c'est vraiment chiant quand la vie d'êtres humains est en jeu."
Rowena hocha la tête. "Je sais. Mais il y a des choses qui arrivent sans que tu puisses y faire quoi que ce soit. Tu ne peux pas être partout à la fois et, malgré les apparences, tu n'est pas un super-héros."
Willow renifla. "Ouais, ça je le sais. Euh…pouvez-vous continuer à chercher un moyen de contrer ce sort?" demanda-t-elle avec hésitation. "Je voudrais aller voir comment va Ken."
"Bien sûr," dit Rowena.
Giles et Rowena regardèrent Willow partir et échangèrent ensuite un regard triste. Après un moment, la blonde retourna à l'ordinateur et l'homme prit l'Opus Obscurum.
INT. Salle d'entraînement des Tueuses – Même moment
Cleveland
Depuis le pas de la porte, Robin observait Faith qui ramassait les éclats de verre. Jetant un coup d'œil sur un morceau encore accroché au mur, elle vit le reflet de l'homme. Elle se retourna et s'appuya sur le balai.
"Quoi de neuf?" demanda-t-elle. "Ne me dis pas que quelqu'un d'autre est mort?"
"Euh…non, Baby," dit-il en entrant dans la pièce. Son poignet était enrubanné.
"Alors quoi?" demanda-t-elle. "On se connaît depuis assez longtemps…je reconnais ton air."
"J'ai parlé à Willow…C'est Kennedy," avoua-t-il finalement en prenant le balai et en l'appuyant sur le mur. Il ne savait pas trop comment lui annoncer la nouvelle, alors il cracha le morceau. "Elle est paralysée, Faith…à partir de la taille. Le docteur est en train de lui faire passer des rayons-X."
"De mieux en mieux," dit-elle en riant sarcastiquement. Elle redevint sérieuse. "Et Will, comment elle prend ça?"
Robin réfléchit un moment. "Disons qu'elle se retient pour ne pas être complètement hystérique."
"Et toi? Ton poignet?"
"Il va bien," répondit-il. "Le médecin m'a donné quelque chose contre la douleur, et il va me mettre un plâtre bientôt. Il y avait d'autres urgences plus importantes."
"Et le petit?" demanda-t-elle finalement. "Vous savez où il est?"
"Willow travaille dessus," répondit-il. "Et Giles a fini par calmer Lily. Je pense qu'il l'a droguée."
"Génial," dit Faith en reprenant le balai.
"Hum, Faith," dit Robin. "Je vais appeler le père de Rachel…voir ce qu'il veut qu'on fasse avec le…"
"Non," l'interrompit la Tueuse d'une voix ferme. "Je vais le faire."
"Faith…"
"J'ai dit non!" cria-t-elle. "Merde, Robin. Je devais veiller sur elle!" Faith lança le balai, comme s'il s'agissait d'un javelot, avec tant de force qu'il s'enfonça dans les premières couches de matelas qui étaient appuyés contre le mur.
"Nous aussi, on devait veiller sur elle. Tout le Conseil. Tu ne peux pas te rendre seule responsable de ce qui est arrivé."
"Ouais, mais j'avais promis. 'Laissez-nous l'amener, on va la protéger'," dit-elle en répétant ce qu'elle avait dit au père de Rachel quelques mois plus tôt. Elle renifla. "Je leur ai menti à tous les deux. Même quand j'essaie de tenir ma parole, je suis pas capable de le faire."
"Faith…"
"Non, c'est pas ta responsabilité, Robin. C'est moi qui a promis, alors c'est moi qui doit appeler. Je dois le faire…je leur dois au moins ça. Je leur dois bien plus, mais je ne pourrai jamais tout rembourser."
"Elle était une Tueuse," dit Robin. "C'est le risque que vous courez toutes. Et même si tu crois le contraire, elles connaissent les risques quand elles s'enrôlent. On a fait tout ce qu'on a pu."
"C'était pas assez."
"Les Tueuses meurent, Faith. Et je sais de quoi je parle." Robin plaça une main sur chacune des joues de sa petite-amie, la forçant à le regarder. "C'est jamais facile, mais c'est le risque à courir pour faire le bien. C'est le risque que ma mère a couru."
"Et regarde le prix que t'as dû payer," dit Faith.
"Oui, ça a été dur. Mais il y a deux façons de voir les choses. La première, c'est que j'ai perdu toutes ces années à chercher le meurtrier et que j'ai jamais atteint mon but. La deuxième, c'est que j'ai tué des tas de vampires et sauvé plein de vies. Peu importe, j'ai fait ça parce que j'ai perdu ma mère. Je sais ça. Mais je sais aussi que grâce à ça, j'ai aidé à bâtir un monde meilleur."
"Je comprend pas trop où tu veux en venir, Robin."
"Je veux dire que c'est ce que Rachel essayait de faire. Bâtir un monde meilleur. Et je pense que c'est quelque chose que son père va arriver à comprendre, lui aussi. Peut-être pas maintenant, mais plus tard. Comme j'ai fini par comprendre pour ma mère."
Faith s'éloigna un peu. "Mais ça fait mal, Robin."
"Ouais, je sais," dit-il en se rapprochant d'elle. "Et je pense que tu as raison. C'est à toi d'appeler, pour que tu puisse enfin prendre du recul par rapport à tout ça. Le dégât ici peut attendre à demain matin," ajouta-t-il en montrant la pièce.
Faith hocha la tête. "Ok, mais je t'avertis. Attends-toi pas à ce que j'oublie tout ça," dit-elle. "On a peut-être des tonnes de Tueuses, mais c'est pas une raison pour ne pas s'en faire quand une disparaît."
"Je sais. Mais essaie juste de te rappeler quelque chose que tu as compris l'année passée. Quelque chose que Buffy a compris beaucoup trop tard."
"Quoi?"
"Tu vas peut-être les perdre, mais le pire c'est de ne jamais avoir appris à les connaître. Alors continue comme tu fais là, Baby. Parce que t'es super."
Faith s'éloigna et lui tourna le dos. "Ça a pas l'air de ça," dit-elle au travers de ses sanglots. Robin se mordit la lèvre pour ne pas pleurer à son tour. Il prit la Tueuse dans ses bras.
"Je sais," murmura-t-il. "Mais fais-moi confiance pour une fois, ok?"
INT. Infirmerie du Conseil des Observateurs – Même moment
Cleveland
Willow entra dans l'infirmerie et alla rapidement auprès de sa petite-amie endormie. Le médecin vint la rejoindre.
"Comment va-t-elle?" demanda Willow en prenant la main de Kennedy. "Les rayons-X ont montré qu'elle a trois vertèbres brisées. C'est ce qui cause sa paralysie," lui dit-il.
"Quoi d'autre?"
"Deux côtes brisées, et l'une d'elle a perforé un de ses poumons. Alors nous avons du nous occuper de ça, mais l'hémorragie a arrêté. À part de tout ça, plusieurs bleus. C'est une chance qu'elle soit une Tueuse," dit-il. "Tomber de cette hauteur aurait tué n'importe qui d'autre."
"Je sais," dit Willow en hochant la tête. "Combien de temps est-ce qu'elle devrait rester endormie?"
"Elle devrait se réveiller demain. Je vais faire un autre examen aux rayons-X quand elle sera réveillée, et on verra le progrès qui a été fait."
"Ok. Merci, Docteur," le remercia-t-elle.
Il alla voir ses autres patients. Willow prit une chaise et s'assit à côté du lit de Kennedy. Elle appuya sa tête sur une de ses mains, ses yeux ne quittant jamais le visage de sa petite-amie.
EXT. Parc – Jour
Cleveland
Tara s'approcha de Kennedy en souriant. La Tueuse recula.
"Génial, c'est vraiment génial," dit Kennedy en levant les bras au ciel. "Comme si c'était pas assez que tu nous hantes jour et nuit, il faut en plus que tu hante mes rêves?"
Tara souriait toujours. "C'est plus que juste un rêve, Chérie," dit-elle. "Et de toute façon, c'est pas la première fois que je suis dans un rêve de Tueuse, alors disons que je suis habituée à ça."
"Chérie?" dit Kennedy. Elle gloussa nerveusement. "C'est de là que ça vient. Elle a prit ça de toi?"
Tara haussa les épaules. "Allez, on va marcher un peu," dit-elle en montrant l'exemple. Kennedy la regarda un moment et décida finalement de la suivre.
"Ok, alors c'est plus qu'un rêve et tu es vraiment réelle," dit-elle à la sorcière. "Alors dites-moi, Sainte-Tara…pourquoi moi? Pourquoi pas Willow? Ou Giles?"
"Premièrement, parce que tu es une Tueuse," expliqua Tara. "C'est plus facile d'aller dans tes rêves. Et Willow, elle souffre assez en ce moment. Je suis ici pour l'aider, pas empirer les choses. Et M. Giles…je l'aime bien, mais je ne pense pas qu'il m'écouterait…ou alors il oublierait ce que j'aurais dit."
"Il y a plein de Tueuses dans le coin," dit Kennedy. "Faith, Vi, ou même la petite protégée de Willow. Pourquoi moi?"
"C'est fou à quel point tu peux être têtue," dit Tara en riant. "Mais c'est bien. Et je pense pas que tu aurais pu tomber dans l'œil de Willow sans ça." Les lèvres de Tara formèrent un sourire en coin. "Évidemment, elle vaut vraiment la peine de courir après."
"Ok, arrête s'il te plaît," dit Kennedy.
"Si c'est ce que tu veux," dit la blonde en riant.
"Qu'est-ce qui se passe, Tara? J'aimerais bien me réveiller, alors dis ce que tu as à dire, qu'on en finisse."
"Quelque chose bloque la magie de Willow," commença Tara en redevenant sérieuse. "Elle n'arrive plus à jeter aucun sort."
"Et c'est mal?"
Tara regarda Kennedy. "Je sais que la magie n'a pas toujours été très appréciée dans votre couple, Kennedy. Je sais que, plusieurs fois, ça vous a éloignées. Mais tu dois comprendre que la magie fait partie de Willow. Ça fait partie de ce qu'elle est, et de ce qu'elle sera toujours. Il va falloir que tu apprennes à l'accepter."
"Regarde qui est-ce qui parle," dit Kennedy. "C'est pas toi qui l'as laissée tomber quand elle a perdu le contrôle?"
"J'ai fais ce que j'avais à faire," dit Tara en gardant son calme malgré le ton de Kennedy. "Willow le sait. Et elle a appris à contrôler la magie, elle ne se laisse plus contrôler par elle."
"Ok, mais si elle ne faisait plus de magie…" Kennedy regarda au loin.
"Tu ne feras pas ça, Kennedy," dit doucement Tara.
"Quoi?"
"Tu sais…ignorer le message. Willow a besoin de sa magie," expliqua-t-elle. "Les Observateurs ont besoin d'elle, les Tueuses aussi. Et surtout ce jeune garçon en ce moment. Ils ont tous besoin de Willow avec sa magie, plus que toi tu as besoin de Willow sans elle."
"Je…" commença Kennedy. "Je veux dire, je sais bien qu'elle en a besoin…"
"C'est correct," dit Tara en recommençant à marcher. "Quelque chose bloque sa magie. L'information dont elle a besoin pour contrer ça se trouve dans un livre. Il ne se trouve pas au Conseil, mais il en existe un exemplaire à Cleveland."
"Où?" demanda Kennedy.
"Dans un magasin qui s'appelle Becca's Books. C'est dans une boîte dans la réserve, sur une tablette grise près du sol. La propriétaire ne sait même pas qu'elle l'a, c'est arrivé avec d'autres objets qu'elle a gagnés aux enchères. Il est facile à reconnaître…il y a des anges démoniaques sur la couverture."
Kennedy réfléchit un moment. "Comment je peux être certaine que tu es réelle? Je veux dire, ça pourrait être un autre piège." Kennedy ricana. "L'année passée a été remplie de ce genre de choses, alors peut-être que c'est ton tout."
Tara fit une petite pause. "Ok…tiens, j'ai trouvé. Parle à Willow de la fois où on était à la plage et qu'elle a voulu faire un feu mais qu'elle a fini par créer un orage."
Kennedy la regarda, l'air confus. "Quoi?"
"Demande-lui, Chérie," dit Tara.
"Ok," dit Kennedy.
Tara lui fit un grand sourire, et l'obscurité enveloppa la Tueuse.
INT. Infirmerie du Conseil des Observateurs – Quelques instants plus tard
Cleveland
Les yeux de Kennedy s'ouvrirent, et elle trembla sous la douleur. Willow ressentit le mouvement et se réveilla en sursaut.
"Ken?" dit-elle. "Ça va, Chérie?"
"Chérie," grogna Kennedy en fermant les yeux, éblouie par la lumière vive de la pièce. "Elle m'a appelé comme ça, elle aussi."
"Quoi?" demanda Willow. "Qui?"
"Le livre," murmura la Tueuse. "Elle a dit que tu avais besoin d'un livre."
"Quel livre? De qui tu parles, Ken?"
"Tara," répondit Kennedy. Le visage de Willow devint blanc comme un drap.
"Tara? Ken, qu'est-ce…" Elle fut interrompue par le médecin.
"Elle est réveillée?" demanda-t-il en venant prendre le pouls de sa patiente.
"Ouais, je suis réveillée. J'ai mal, mais je suis réveillée." Elle tourna la tête vers sa petite-amie. "Willow, écoute-moi. Tara a dit que l'information dont tu as besoin pour débloquer ta magie est dans un livre, dans un magasin.
"Kennedy, comment tu sais que ma magie est bloquée?" demanda Willow.
"Tara me l'a dit," répondit-elle en riant faiblement. "Mon premier rêve de Tueuse. Je pense pas être capable de l'oublier un jour."
"Comment tu peux être sûre que c'était vraiment Tara?" demanda Willow. "Je veux dire…c'était peut-être…"
Kennedy ferma les yeux à cause d'une autre vague de douleur. "Elle a dit…que tu as déjà essayé de faire du feu mais que ça a donné un orage à la place. Vous étiez à la plage?"
Willow ferma les yeux, sur le bord des larmes. Après quelques instants, elle prit une profonde inspiration et dit au médecin, "Demandez à quelqu'un d'aller chercher Giles, s'il vous plait."
Il hocha la tête et obéit.
Acte deux
INT. Becca's Books – Tôt le soir
Cleveland
La clochette tinta quand Giles ouvrit la porte de la boutique. Derrière le comptoir se tenait une femme dans la quarantaine, un roman dans les mains. Quand Giles fut devant elle, elle cessa sa lecture, mit le livre de côté, enleva ses lunettes et leva enfin les yeux vers le client.
"Oh, bonsoir," commença-t-elle. "Je ne vous avais pas entendu entrer."
"Je ne voulais pas vous déranger," dit-il poliment en pointant le livre qu'elle lisait à son arrivée.
"Non, non, ça m'arrive parfois de me laisser emporter par l'histoire," dit-elle en rougissant. "Est-ce que je peux vous aider?"
Le regard de Giles fit le tour du magasin pour un bref instant. "C'est bien Becca's Books, n'est-ce pas? Et le seul à Cleveland?"
"Le seul et unique…du moins à ma connaissance." Elle lui fit un sourire chaleureux, que Giles lui rendit. "Quelqu'un vous a suggéré de venir ici?"
Giles réfléchit un moment, pas certain de la façon dont il devrait lui expliquer. "En quelque sorte, oui."
"Eh bien je suis la propriétaire. Rebecca Montague…Mais appelez-moi Becca."
Giles sourit en entendant le nom de famille. "Montague, exactement comme…"
"Oui," l'interrompit Becca en soupirant. "Je suis peut-être une éternelle romantique, mais je n'ai absolument aucun lien avec le Roméo de Shakespeare." Elle tendit la main à l'Observateur.
"Oh…Giles," dit-il en la lui serrant. "Rupert Giles," ajouta-t-il rapidement.
"Et moi qui croyais que le seul Britannique à se présenter de la sorte était James Bond," le taquina-t-elle.
Giles gloussa et secoua la tête. "Désolé de vous avoir semblé prétentieux. C'est seulement que j'ai l'habitude de me faire appeler par mon nom de famille. Mais appelez-moi Rupert."
"Eh bien, Rupert," dit-elle en souriant. "Que puis-je faire pour vous?"
"Ah oui," dit-il, ayant presque oublié la raison de sa visite. "J'ai besoin d'un livre."
"Ça tombe bien, j'en ai beaucoup," dit-elle en montrant la boutique.
Giles fit un sourire embarrassé. "O…oui, je vois. Mais il semblerait que vous ne savez même pas que vous avez le livre en question."
"Je peux le commander, si vous avez le numéro ISBN," offrit-elle.
"Non. Ce que je veux dire, c'est que vous l'avez ici, sans le savoir."
"Pardon?" demanda Becca, confuse.
Giles réfléchit à la meilleure façon de lui expliquer. "Je pourrais vous dire comment je sais tout ça, mais vous ne me croiriez probablement pas."
"J'ai vu beaucoup de choses étranges dans les parages dernièrement," dit-elle. "Alors essayez toujours."
Giles soupira. "D'accord, au risque de passer pour un fou à vos yeux…Une de nos amies décédée nous l'a dit."
"Nous?"
"Oh, je dirige une école pour…euh…des enfants surdoués…Et cette amie est apparue dans le rêve d'une de mes collègues. Je vous avais dit que ça semblerait ridicule…Mais bon…elle nous a dit que le livre se trouvait dans la réserve de votre boutique, près d'une tablette de métal ou quelque chose du genre. Vous l'avez reçu dernièrement avec d'autres livres. Et, euh…sur la couverture, il y a l'image d'un…" Giles se mit à bredouiller, incertain de s'il devait continuer ou pas. Voyant que Becca n'avait pas vraiment de réaction, il poursuivit. "…d'une créature angélique avec des cornes de démon," termina-t-il.
Il attendit nerveusement qu'elle dise quelque chose.
"J'ai un livre avec l'image d'un ange sur la couverture, et je n'en sait rien?" demanda Becca pour clarifier.
"Oui," dit doucement Giles.
"Et c'est dans la réserve du magasin?"
"Oui…je vous avais bien dit que ça vous semblerait stupide," dit-il.
Becca examina Giles pendant un moment. Puis, elle enleva la clé de la caisse enregistreuse.
"Suivez-moi," dit-elle en se dirigeant vers l'arrière-boutique. "Je dois admettre que c'est assez étrange ce que vous me dites là. Mais il est vrai que j'ai récemment acquis de vieux livres provenant d'une enchère sur Internet. Je n'ai pas encore eu le temps de les regarder. En réalité, je déteste les ordinateurs…mais ils semblent être devenus une nécessité de tous les jours."
"Je suis entièrement d'accord avec vous là-dessus," dit Giles en souriant.
Ils arrivèrent à la porte, et Becca leva la main. "Attendez ici," dit-elle. "Vous avez l'air honnête, mais j'aimerais mieux ne pas courir de risque."
"Évidemment," dit Giles en reculant de quelques pas.
Becca déverrouilla la porte et souleva une boîte, qu'elle tendit à Giles. Elle en sortit une deuxième et ferma la porte avec son pied. Elle fit un signe de tête en direction d'une des tables de lecture. "Là-bas," dit-elle.
Ils placèrent les boîtes sur la table, et elle ouvrit la première boîte.
Giles fit de même avec la deuxième, et sortit un livre à l'apparence assez ancienne. Il souffla dessus pour enlever la poussière. "Je trouve intriguant le fait que vous avez acheté ça," dit-il.
"Et pourquoi?"
"Ce n'est pas exactement le genre de livres que la majorité de la population aime lire," expliqua-t-il.
"Ils sont pour moi," admit Becca. "J'adore les livres, surtout ceux qui sont très anciens. C'est comme s'ils avaient toute une vie à partager." Giles ne dit rien. Il se contenta d'hausser un sourcil, ce qui poussa Becca à s'expliquer. "Je veux dire…chaque livre est différent. Chacun à une texture et une odeur différente. Une odeur particulière peut nous faire nous souvenir d'un certain événement de notre vie, et…Je suis folle, n'est-ce pas?"
"Pas du tout," dit Giles en souriant. "En fait, je suis tout à fait d'accord avec vous. Je suis juste très surpris de ne pas être le seul à penser comme ça. La plupart de mes collègues sont plus jeunes que moi, et…"
"Oui," dit Becca en hochant la tête. "Ordinateurs de poche, téléphones cellulaires et PDF. Facile et rapide. Mais ce ne sera jamais la même chose que de se blottir sur le sofa avec une tasse de chocolat chaud et un bon livre lors d'une soirée glaciale de décembre."
Giles sourit et regarda Becca un peu plus longtemps.
"Est-ce que je suis trop vite en affaires si je vous demande en mariage?" dit-il.
Becca gloussa alors que Giles rougit jusqu'aux oreilles en réalisant ce qu'il venait de demander.
"Pardonnez-moi," dit-il. "Une femme aussi charmante que vous est sûrement déjà prise…et si je vous ai offensé, alors je…"
Becca posa une main sur le bras de Giles, avant de la retirer lentement.
"Ne vous excusez pas. Je ne suis pas 'prise', et ce n'est pas tous les jours qu'un bel étranger entre dans ma boutique et se met à flirter avec moi," ajouta Becca en souriant. "Mais peut-être devrions-nous commencer par un souper en tête-à-tête avant de parler de mariage," offrit-elle en recommençant à fouiller dans la boîte. "Oh, regardez!" dit-elle en sortant un livre avant que Giles n'ait eu le temps de répondre à sa proposition. "Est-ce que c'est ça?"
Elle lui tendit le livre rouge, et il regarda la couverture. Cela correspondait exactement à la description. Il fit un petit sourire en passant ses doigts dessus.
"Merci, Tara," dit-il à voix basse. Il se tourna vers Becca, et dit d'une voix normale, "Oui, je crois bien que c'est ça…" Soudain, il se mit à examiner la propriétaire. "Ça va peut-être vous sembler cliché, mais…est-ce qu'on ne se serait pas déjà rencontré?"
Becca haussa les épaules. "Je ne crois pas. Je m'en serais rappelée."
Giles sourit timidement, mais changea de sujet. "Hmm…bon, alors combien je vous dois pour ça?"
"Le livre a l'air très important," dit-elle en se frottant les mains. "Il doit valoir assez cher."
"Combien?" demanda Giles en continuant de sourire.
"Vingt-cinq mille dollars," répondit Becca, sérieuse.
"Vendu," dit Giles en prenant son porte-monnaie.
"Hé, attendez!" dit Becca en gloussant. "Je vous taquinais. Je ne ferais pas ça, voyons. Tenez, j'ai une idée. Vingt dollars pour le livre. Mais si vous m'en donnez cinquante, je vous invite au restaurant…et c'est moi qui paye."
Giles sourit et lui tendit un billet de cinquante dollars. "J'aimerais bien rester et continuer de parler, mais je dois retourner à l'académie."
"Je comprend," dit Becca.
"Ça vous va, vendredi?" demanda-t-il.
"Parfait. Je ferme à huit heures, si ce n'est pas trop tard pour souper."
"Non, c'est parfait."
"Bien, alors on se revoit vendredi."
"À vendredi," dit Giles en hochant la tête, souriant.
Il souriait encore quand il sortit de la boutique.
INT. Infirmerie – Plus tard le même soir
Cleveland
Willow était assise à côté du lit de Kennedy. Elle lisait le livre que Giles avait acheté, quand Rowena arriva avec deux tasses de café. Elle s'arrêta sur le pas de la porte, se demandant si elle devait entrer ou pas.
L'entendant arriver, Willow leva la tête et lui sourit gentiment, ce qui décida la blonde.
"J'ai pensé que ça te ferait du bien," dit Rowena. "Beaucoup de crème et de sucre," ajouta-t-elle en lui tendant une des tasses.
"Merci," dit Willow en l'invitant à s'asseoir. "Tes recherches avancent?"
"Il n'y a pas beaucoup de documentation, il est rare que les Tueuses se retrouvent à l'hôpital. Je n'ai toujours pas trouvé de cas semblable. Mais je continue à chercher," dit Rowena.
"Et sur le démon?" demanda Willow.
"Il y a bien déjà eu une Tueuse qui a été confrontée à un démon Vutch…"
"Et?"
"Disons simplement que la Tueuse n'a pas gagné…Crois-le ou pas, on s'en est sortit plutôt bien." Devant le silence de Willow, elle continua. "Comment elle va?"
"Plusieurs fractures, des dommages au système nerveux. Le médecin adore vraiment lui faire passer les rayons-X et compiler les résultats. Il a dit qu'elle guérit à la vitesse de la lumière, si on la compare à un humain normal."
"C'est merveilleux, Willow," lui dit Rowena. "Peut-être qu'elle va redevenir comme avant. Je veux dire…si ses os et ses nerfs guérissent aussi rapidement, alors peut-être qu'il y a de l'espoir."
"Ouais. J'ai parlé à Faith quand elle est venue la visiter, et elle pense qu'elle va s'en sortir…parce qu'elle est bien trop têtue," dit Willow en souriant faiblement. "Elle m'a aussi dit que même après un coup de poignard, une overdose et une explosion, elle est encore en vie…Peut-être qu'elle a raison."
"Et le livre…tu as trouvé quelque chose d'utile dedans?"
"Pas vraiment. Il n'y a aucun chapitre, ni aucune table des matières, alors je lis beaucoup de choses qui n'ont absolument aucun rapport avec ce que je cherche. Mais le docteur vient de lui donner une autre dose de calmant, alors je peux m'avancer dans ma lecture pendant qu'elle dort."
Rowena prit le livre et la tasse de café de Willow. "Va dormir," dit-elle.
"Je ne veux pas la laisser," répondit la rouquine en secouant la tête. Elle tendit la main vers le livre. "Et il faut que…"
"Va dormir," ordonna Rowena. "Je suis un de tes professeurs, alors tu dois m'obéir."
"N'oublie pas que quand je vais avoir retrouvé mes pouvoirs, je vais avoir la capacité de te changer en n'importe quelle petite bestiole."
Rowena gloussa. "Pense à ça: Si Kennedy se réveille et voit les poches que tu as sous les yeux, elle va s'inquiéter. Tu veux vraiment que ça arrive?"
Willow soupira. Rowena regarda autour d'elle, et aperçu un lit vide près de la Tueuse. Elle tapota le matelas. "Ça va être parfait."
"Non, vraiment. Si elle se réveille…"
"Je te réveillerai," dit Rowena. "Je vais être assise ici à lire. Allez."
"Tu es sûre?"
Rowena hocha la tête. "Ouais. Ça a été une longue journée. Alors vas-y, dors un peu. Et quand tu te réveilleras on changera de place pour que je puisse dormir. Et si tout va bien, on devrait en apprendre plus sur ton blocage avant la fin de la journée."
"Quand je pense que je voulais te téléporter ailleurs," dit Willow en souriant. Elle se coucha sur l'autre lit. "Merci, Ro."
Rowena, qui avait déjà commencé sa lecture, leva les yeux. "Pas de problème," dit-elle en souriant.
INT. Repère du Présidium – Même moment
Cleveland
"Gretz," dit l'Ingénieur, qui se tenait devant le panneau de contrôle.
Jeffrey, toujours attaché dans la machine, avait l'air épuisé et en sueur.
À l'appel de son nom, Gretz bondit sur ses pieds. "Oui mon Seigneur." Il fit signe à ses trois compagnons de se lever.
L'Ingénieur dit quelque chose à un des ses subalternes, qui alla ensuite se planter devant Gretz.
"Quelque chose est venu déranger nos plans," dit-il.
"C'est à dire?" demanda Gretz.
"Un esprit aide le Conseil."
"Nous le tuerons, Sir."
"Un esprit," répéta-t-il. "Vous êtes trop tard. Elle est déjà morte. Mais elle possède de grandes connaissances et est encore extrêmement puissante."
"Que pouvons-nous faire pour venir en aide à son Excellence?"
Le subalterne de l'Ingénieur fit une pause, et le chef grogna.
"Elle connaît l'existence d'un livre, qu'ils ne doivent se procurer sous aucun prétexte. Si la sorcière brise le sort, ils pourront localiser le garçon. Et nous n'avons pas encore terminé avec lui."
"Je vous rapporte le livre dès l'aube, Sir."
"J'espère bien," dit le subalterne. "Parce que ta vie en dépend."
INT. Becca's Books – Nuit
Cleveland
Becca tourna la pancarte à la porte de la boutique pour indiquer qu'elle était fermée. Elle éteignit toutes les lumières, clés en main, et allait sortir quand quatre hommes entrèrent.
"Désolée, les gars, mais c'est fermé pour la nuit."
Gretz verrouilla la porte et se tourna vers Becca, un sourire machiavélique sur la figure.
"Ça ne sera pas long."
INT. Salle d'ordinateurs du Conseil des Observateurs – Matin
Cleveland
Willow entra en transportant deux tasses de café et une chemise. Elle avait les yeux rouges.
Giles était assit à la table la plus proche et lisait le livre qu'il s'était procuré la veille.
"Rowena n'a rien trouvé non plus?" demanda-t-il.
"Eh non. J'ai essayé de continuer ce matin, mais je voyais double. Ma chère Ken et ses pouvoirs de Tueuse," soupira-t-elle. "On a seulement pu dormir deux heures, et je vous jure que Ken n'est pas un patient model. Le médecin est convaincu qu'elle va guérir complètement grâce à son entêtement. Je trouve ça super, mais…c'est quand même fatiguant. Je me suis tannée d'essayer de la convaincre d'oublier son idée d'aller patrouiller en chaise roulante."
"C'est une farce?"
"On parle de Kennedy, Giles." Willow lui lança un regard qui montrait qu'elle était loin de blaguer, et il sourit. Elle lui prit le livre et se mit à le feuilleter.
"Si au moins je savais ce que je cherchais. Et pourquoi est-ce que Tara est pas venue me voir, moi, pour me dire 'Hé, Will, voici ce dont tu as besoin'," ajouta doucement Willow.
"J'ai toujours considéré Tara comme étant sensible et attentionnée. Elle a peut-être pensé que la voir ajouterait au stress que tu subis présentement."
"C'est sûr qu'avec la disparition de Jeff et aucun moyen de le retrouver…"
"Je voulais parler de Kennedy," dit Giles.
Willow ne dit rien. Elle s'humecta nerveusement les lèvres, évitant le regard de Giles. "C'est pas pareil," dit-elle doucement.
"Qu'est-ce que tu veux dire?" demanda-t-il, confus.
"Je suis une horrible petite-amie," murmura-t-elle.
"Beaucoup de choses reposent sur toi en ce moment, Willow, et…"
"Non, Giles," l'interrompit la rouquine. "Bon, comment je dis ça sans avoir l'air de…Vous vous souvenez quand Tara s'est fait attraper par Glory et qu'on était tous à l'hôpital?" Giles hocha la tête et attendit qu'elle continue. "J'étais complètement à terre et j'ai fais des choses vraiment stupides cette nuit-là. J'aime Kennedy. Vraiment. Et…et je déteste la voir souffrir comme ça, mais…"
"Ce n'est pas la même chose," termina Giles.
Willow hocha la tête. "Je suis vraiment une horrible petite-amie."
"Eh bien, ce n'est pas le même genre de situation. Tu ne savais pas comment guérir Tara, ni même si tu pouvais le faire. Kennedy est en train de guérir presque instantanément. Alors peut-être que tu n'as pas aussi peur parce que tu sais qu'elle va aller bien."
"Ouais, peut-être," dit-elle en haussant les épaules. "En tout cas…J'imagine que les Tueuses ont pas réussi à localiser Jeff?"
"Non, elles ne sont pas plus avancées que nous," dit Giles. "Aucun signe de lui, et je n'ai aucune idée de combien de temps Lily va garder son calme. C'est un dur coup pour toutes les mères, mais Jeff était enfant-unique, alors…"
"Ouais. J'étais enfant-unique moi aussi, alors ça a du sens. Mes parents s'inquièteraient. Bon ok, peut-être pas tout de suite. Ça leur prendrait quelques jours pour réaliser que je ne suis plus là, mais ensuite, ils s'inquièteraient," dit Willow en ouvrant le dossier qu'elle avait apporté.
"Je sais que tes parents n'ont pas toujours été présents, mais je…"
"Giles?" l'interrompit Willow en poussant la chemise vers lui. "Le rapport de police de la nuit passée dit qu'une librairie a été vandalisée et que la propriétaire s'est fait blesser."
"Où?" demanda Giles, et Willow pointa l'adresse.
"Est-ce que c'est là que…"
Le visage de Giles perdit toutes ses couleurs. Il bondit sur ses pieds, prit son manteau et courut vers la sortie.
Acte trois
INT. Becca's Books – Matin
Cleveland
Giles ouvrit la porte et entra. Dès qu'il vit dans quel état était la boutique, son visage se défit.
"C'est fermé," dit une voix venant du côté de la boutique.
"Becca?" appela Giles en allant vers elle. Il vit que la propriétaire était en train de ramasser des livres. "Oh mon Dieu!" s'exclama-t-il lorsqu'elle se retourna. Son visage était presque méconnaissable.
"J'ai dit que c'est fermé," répéta Becca, la voix dure. "Sortez."
"Becca, je suis vraiment désolé," dit-il en s'approchant. "Je n'ai jamais voulu vous mettre en danger."
"Que c'est touchant," dit-elle. "Partez."
"Votre...votre main," dit Giles en remarquant que deux des doigts de la main droite de la femme étaient brisés. "Que vous est-il arrivé?"
Elle soupira. "Ils ont voulu savoir à qui j'ai vendu un certain livre," répondit-elle. "L'homme qui a une amie morte."
Giles cligna des yeux. "Ils savent à propos de Tara?" murmura-t-il.
"Sans importance," dit-elle en haussant les épaules. "Quand je leur ai dit que j'en savais rien, ils m'ont cassé un doigt. Ils m'ont reposé la même question, et je leur ai dit que l'acheteur avait payé comptant alors il n'y avait aucune trace de la transaction. Ils m'ont cassé un autre doigt. Alors je leur ai dit que vous étiez Anglais. Et on dirait bien que c'est tout ce qu'ils voulaient savoir, parce qu'ils sont partis...Mais évidemment, ils ont décidé de me laisser un petit souvenir de leur visite," termina-t-elle en montrant la boutique. Elle se dirigea vers l'arrière-boutique, les livres dans les mains.
Giles offrit de les transporter pour elle. "Laissez-moi au moins vous aider," dit-il.
Becca eut un rire sarcastique. "Même à deux, ça nous prendrait des semaines pour tout ranger."
"Je vais amener d'autres personnes. Tout sera comme avant dans le temps de..."
"Oubliez ça, Rupert," dit-elle. "Je n'ai absolument aucune idée de la raison pour laquelle ce livre est si important, mais...partez.
Giles voulut lui donner des explications, mais décida finalement de ne rien dire. "Bon, si c'est ce que vous voulez," dit-il. Il se tourna pour partir, mais s'arrêta et lui fit face. "Je...je suis vraiment désolé. Je n'avais aucune idée que ça allait se passer comme ça."
INT. Vestibule du Conseil des Observateurs – Un peu plus tard
Cleveland
Robin Wood referma le couvercle de son téléphone portable et se dirigea vers la porte d'entrée. En l'ouvrant, il vit un homme de 15 ans son aîné approcher.
"Bonjour, monsieur. Que puis-je faire pour vous?" demanda Robin en tendant la main à l'étranger. Ce dernier la regarda un instant mais ne la serra pas. C'est alors que Robin comprit de qui il s'agissait.
"Où est ma fille?" demanda le père de Rachel en entrant.
Faith arriva à ce moment. "Monsieur Jones," dit-t-elle. "Je, euh…je voudrais tout d'abord vous dire…"
"Ne dis rien," dit M. Jones en levant une main. "Ça vaudra mieux," ajouta-t-il d'un ton froid.
Elle lança un coup d'œil en direction de Robin, lui demandant silencieusement de l'aide.
"Tout est prêt," dit Robin. "Ses effets personnels sont dans le dortoir et…"
"Bien," dit le père de Rachel. "Mais j'ai une question pour vous."
"Allez-y," dit Robin.
"Elle a tué combien d'autres filles?" demanda-t-il en pointant Faith.
"Rachel…" commença la Tueuse.
"C'est à lui que j'ai posé la question, pas à toi. Je ne veux pas entendre un seul autre mot venant de toi."
Faith avait les larmes aux yeux.
"M. Jones," dit Robin en tentant de garder son calme. "Venez, je vous amène au dortoir et on parlera en chemin."
Robin et le père de Rachel partirent. Seule dans le vaste vestibule, Faith gémit en fermant les yeux.
INT. Bibliothèque du Conseil des Observateurs – Même moment
Cleveland
Willow leva les yeux du livre quand Giles entra dans la pièce.
"Salut," dit-elle en se levant. "Vous l'avez vue? Est-ce qu'elle va bien?"
Giles hocha la tête. "Oui, je l'ai vue. Sa boutique est complètement détruite…Je lui ai offert de l'aide, mais…Elle ne veut plus jamais entendre parler de moi."
"Est-ce qu'elle vous a dit ce qui s'est passé?"
Giles hocha encore une fois la tête. "C'est à cause de nous…ou de moi, en fait. Ils voulaient le livre, et ils savaient que Tara nous avait avertis."
Willow sentit sa tristesse. "Hé! J'ai quand même des bonnes nouvelles. Je pense que j'ai trouvé le sort que le démon m'a lancé. J'ai pas encore réussi à trouver l'antidote, mais Tara savait que j'étais bonne dans ce genre de choses…Ça doit être pour ça qu'elle nous a dirigés vers ce livre."
"Merveilleux," dit Giles, la voix dénuée d'émotion. Il regarda par la fenêtre.
Willow fronça les sourcils. "Ok, c'est une super bonne nouvelle et vous réagissez comme si je venais de vous dire qu'il va pleuvoir demain," dit-elle. "Qu'est-ce qui se passe? Elle allait si mal que ça? Ou…" Willow se mit à sourire. "Vous l'aimez, n'est-ce pas?"
"Elle est très charmante," admit Giles. "Et présentement, elle est vraiment fâchée. Je ne l'en blâme pas le moins du monde…Je suis en colère contre moi-même. J'aurais dû être assez intelligent pour demander à une Tueuse de surveiller la boutique."
"Là n'est pas la question, Giles. Vous l'aimez."
Giles resta silencieux un moment et regarda sa collègue. "Je…"
Le sourire de Willow s'agrandit. "Giles, ça fait une éternité que je ne vous ai pas vu dans cet état-là. Ça remonte à Mademoiselle Calendar."
L'Observateur fronça les sourcils. "Que tu aies raison ou non, de toute façon je n'ai plus aucune chance maintenant. Elle est blessée et sa boutique est détruite, et tout ça par ma faute. Elle ne veut plus jamais entendre parler de moi, et avec raison!"
Willow réfléchit un moment. "Je crois que vous devriez retourner la voir et tenter d'arranger les choses."
"Quoi?" demanda-t-il en la regardant, confus.
"Giles," dit Willow. "Si elle vous fait tant d'effet, alors ça n'est pas seulement son apparence et son travail qui vous intéressent. Et vous ne pouvez pas lui en vouloir d'être en colère."
"Qu'est-ce que tu dis, Willow?" demanda Giles.
"Retournez là-bas," répéta la sorcière. "Ne laissez pas se genre d'opportunité passer sans tenter votre chance, vous savez aussi bien que moi que ça n'arrive pas souvent dans une vie. Et…et comme vous avez dit, vous ne l'avez pas aidée. Mais vous pouvez le faire, maintenant. Amenez Andrew et les filles pour vous aider. Si ça règle pas tout, ça va au moins leur remonter le moral de savoir qu'ils auront pu faire quelque chose d'utile."
Giles la regarda un instant, et hocha la tête. "Tu as raison, Willow. Merci."
"Pas de problème," dit-elle en sortant de la pièce pour aller chercher Andrew.
INT. Becca's Books – Après-midi
Cleveland
Becca soupira en entendant la clochette de la porte. "Il faut vraiment que je fasse réparer la serrure," maugréa-t-elle en sortant de derrière les étagères. "C'est fermé," dit-elle. "Je sais que j'ai mis une affiche à l'extérieur, et si vous cherchez une librairie alors vous…" Elle s'arrêta en voyant un jeune homme et une demi-douzaine de jeunes filles.
"Mais qu'est-ce que…" dit-elle.
Andrew s'approcha de Becca et lui tendit la main. Elle refusa de la serrer. "Euh…bonjour," dit-il avec ce qu'il voulait être un sourire mais qui ressemblait davantage à une grimace. "Je m'appelle Andrew, et voici mes filles." Il rougit. "En fait, pas vraiment mes filles, mais on…on travaille ensemble, en quelque sorte, et on est ici pour vous aider."
"Rupert vous a envoyés ici?" demanda Becca, remise de sa surprise.
"Rup…? Oh, M. Giles! Oui, c'est ça," dit le jeune homme en hochant la tête. Il se tourna vers la fille blonde qui se tenait près de lui. "Marsha, on commence par l'arrière," dit-il. "M. Giles va bientôt arriver et il faudrait qu'on ait ramassé tous les livres et enlevé les étagères brisées."
Marsha hocha la tête et se mit à l'ouvrage avec les autres filles. Becca les regarda faire pendant un moment, puis se tourna vers Andrew. Elle allait lui demander de quitter la boutique, mais la porte s'ouvrit de nouveau. Giles essaya d'entrer, plusieurs deux par quatre dans les bras.
"Quelqu'un veut bien m'aider?" demanda-t-il. Marsha attrapa le bois et lui enleva des mains, sous les yeux écarquillés de Becca. La jeune fille transporta facilement les planches jusqu'à l'arrière de la boutique. Giles souleva le coffre à outils qui maintenait la porte ouverte, et alla rejoindre Andrew.
"Tiens," dit l'Observateur en lui tendant la boite. "Il y a d'autres planches dans le camion. Demande aux filles de le transporter, c'est assez lourd."
"Tout de suite, M. Giles," dit Andrew en obéissant.
La propriétaire de la boutique se tourna vers Giles et haussa les sourcils. Elle allait parler, mais elle aperçut quelque chose du coin de l'œil. Elle tourna la tête et vit qu'une des filles s'apprêtait à soulever une des étagères.
Becca accourut. "Tu vas te faire mal si tu…" Mais la jeune fille redressa le meuble comme s'il était fait en carton.
"C'est…c'est impossible!" s'exclama la femme. Elle se tourna vers Giles. "Ça prendrait plus de trois hommes pour soulever ça. Comment a-t-elle fait? Qu'est-ce qui se passe?"
"Oui, eh bien…disons que ça fait partie des choses qui vous risquez de ne pas croire," dit-il avec un petit sourire.
"Allez, parlez!"
Giles soupira. "Becca…ce n'est pas si simple, j'en ai bien peur. Plus vous en savez, plus vous êtes en danger."
"Regardez autour de vous," dit-elle. "Je suis déjà en danger. Et je le suis probablement depuis que vous avez franchit le seuil de la porte pour la première fois. Alors vous me devez au moins des explications."
Après un moment d'hésitation, Giles répondit. "Vous avez raison. Est-ce qu'il y a un endroit où on pourrait discuter calmement?" demanda-t-il.
Becca resta silencieuse pendant un instant, puis haussa les épaules. "Par là," dit-elle en montrant l'arrière-boutique. "Venez, je vais faire du thé. Ceylon black ou Darjeeling?"
"Oh," dit Giles en souriant joyeusement. "Darjeeling, je vous prie."
"Décidément, ma vie devient de plus en plus bizarre," dit Becca à voix basse en guidant Giles.
INT. Repère du Présidium – Salle des machines – Même moment
Cleveland
L'Ingénieur se tenait devant le panneau de contrôle, ses mains démoniaques faisant bouger les leviers. Son visage ne montrait aucune expression, malgré les cris émanant de la machine.
La porte de la salle s'ouvrit, et Bonnie entra. Elle alla se placer dans l'ombre de l'Ingénieur. Les mains du démons arrêtèrent leur mouvement, mais il ne paraissait pas avoir remarqué sa présence.
"Les vampires disent que les Observateurs ont déjà pris possession du livre, mon Seigneur," dit-elle.
L'Ingénieur se raidit légèrement. Bonnie continua malgré sa frayeur.
"Gretz et ses hommes sont partis avant de terminer leur boulot. Il semble qu'ils aient pris un peu trop au sérieux les ordres du Présidium concernant les tueries." L'Ingénieur se tourna vers elle et la fixa de ses yeux noirs.
"Ils doivent terminer ce soir," dit-il.
"Oui, mon Seigneur," dit rapidement Bonnie. "Je veillerai personnellement à ce qu'ils soient de retour à temps pour disposer de lui," ajouta-t-elle en jetant un coup d'œil vers la machine. Bonnie sortit de la pièce.
L'Ingénieur reporta son attention sur les commandes, et bougea quelques leviers. Encore une fois, le démon n'eût aucune réaction devant les cris qui émanaient de la machine.
INT. Becca's Books – Après-midi
Cleveland
Giles mit un cube de sucre dans sa tasse et brassa. Becca prit une gorgée de la sienne. Finalement, Giles leva les yeux et rencontra les siens.
"Je ne sais pas par où commencer," admit-il en souriant nerveusement.
"Qu'est-ce qu'un Observateur?" demanda-t-elle.
Giles écarquilla les yeux. "Comment…" commença-t-il.
"Les hommes de l'autre nuit," l'interrompit-elle. "Quand je vous ai décrit, ils ont dit que l'Observateur l'avait. C'est vous, non? Un Observateur? Et qu'est-ce que vous observez, au juste?"
"Bon…alors pour commencer, je dois vous dire que les filles que vous avez vues…sont très spéciales."
"Vous avez dit que vous dirigiez une école pour des enfants surdoués," dit Becca. "C'est d'elles que vous parliez, j'imagine?"
Giles hocha la tête. "Comment vous expliquer…" L'Observateur réfléchit un instant. "Le journal des Observateurs dit que, à chaque génération il y a une élue," commença-t-il sur un ton blasé. "Seule, elle devra affronter les vampires, les démons et les forces de l'ombre. C'est la Tueuse. Mon Dieu, je suis vraiment fatigué de répéter ça," termina-t-il dans un souffle.
"Vampires?" répéta Bacca. "Démons? Forces de l'ombre?"
Giles hocha la tête en prenant une gorgée de thé. "Toutes ces choses sont réelles, ça ne sort pas tout droit des romans d'épouvante. Mais la plupart des gens ne savent rien de tout ce qui rode vraiment la nuit."
"Une minute," dit Becca. "Vous avez dit 'une élue'. Il y a une demi-douzaine de filles dans la boutique, et au moins deux d'entre elles qui sont plus fortes que vous et moi réunis."
"En fait, il y en a encore plus que ça," dit Giles. "Hmm…voyons voir comment je pourrait expliquer ça simplement. Il y a plusieurs millénaires, un petit groupe d'hommes a choisi une fille pour lui donner une force surhumaine. Ces hommes sont devenus les premiers Observateurs et, avec le temps, le Conseil des Observateurs a continué d'assister l'Élue dans sa mission. Jusqu'à tout récemment, il n'y avait encore qu'une Tueuse. Buffy Summers."
"Buffy?" demanda Becca en haussant les sourcils. "L'avenir de toute la planète est entre les mains d'une fille qui s'appelle Buffy?"
"Non, plus maintenant…mais c'est une autre histoire. Laissez-moi terminer."
"Désolée," dit sarcastiquement la propriétaire.
Giles ne fit pas attention au ton qu'elle avait employé, et continua ses explications. "Une partie de la mission du Conseil était de trouver les filles qui avaient assez de potentiel pour devenir la Tueuse suivante. Vous voyez, quand une Élue meurt, une autre est appelée et reçoit alors les pouvoirs. Le travail d'un Observateur est d'entraîner une Tueuse potentielle, au cas où c'est elle qui serait choisie."
"Alors, qu'est-ce qui s'est passé?" demanda Becca. "On dirait que toutes les Tueuses potentielles sont devenues des Élues."
"C'est exactement ça," dit Giles en souriant. "Il nous était nécessaire d'activer toutes les potentielles pour arriver à sauver le monde de la plus grande menace jamais connue. Cet être avait d'ailleurs causé la destruction du Conseil, ne laissant que quelques Observateurs dispersés à travers le monde."
"Et vous faites partie de ce Conseil?"
Giles hocha la tête. "Après la grande bataille, je suis venu à Cleveland avec mes collègues. Notre mission est de trouver les nouvelles Tueuses, de les entraîner et de les protéger jusqu'à ce qu'elles soient prêtes à combattre le mal. C'est normalement dans les grandes villes, comme les vampires doivent tuer des humains pour survivre."
Becca le regarda pendant un moment. "Alors, pourquoi ici? Pourquoi pas une grande ville, comme Los Angeles ou New York?"
"Nous avons déjà une équipe à L.A.," répondit Giles. "Mais Cleveland se trouve juste au-dessus d'une bouche de l'enfer…un lieu de convergences mystiques. Il y en a plusieurs autres sur la planète, mais celle-ci est de plus en plus active."
"J'avais remarqué," dit Becca. "Mais pourquoi maintenant?"
"On pense que la fermeture de la bouche de l'enfer qui se trouvait à Sunnydale, en Californie, a causé cette hausse d'activité ici."
"Sunnydale? C'est la ville qui est disparue dans le tremblement de terre…" Becca regarda Giles. "Ce n'était pas vraiment un, n'est-ce pas? C'était vous?"
"Et mes collègues," admit-il en hochant la tête.
"Alors vous combattez des démons, vous entraînez des filles, vous lisez des livres mystérieux et vous vivez dangereusement?"
"Oui, c'est à peu près ça," dit-il en souriant, avant de redevenir sérieux. "Je suis terriblement désolé de vous avoir mise en danger, Becca," dit-il. "C'est vrai que rien de tout cela ne serait arrivé si je n'avait pas passé le seuil de la porte. Mais l'information contenue dans ce livre pourrait sauver la vie d'un jeune membre de notre académie."
Becca soupira et regarda au loin, poussant Giles à continuer. "Et…je me rend bien compte que toute cette histoire puisse avoir l'air inventée de A à Z. J'aurais pu penser à une excuse, quelque chose qui a l'air moins fou…mais je vous assure que ce que je vous ai dit est la stricte vérité. Je crois que je vous doit au moins ça, parce que j'ai apprécié votre compagnie l'autre soir et que je vous ai mise en danger sans le vouloir. C'est pourquoi je vous ai tout dit."
Becca se leva et se mit à faire les cent pas dans la pièce.
"Je ne sais pas, Rupert," dit-elle. "C'est vraiment dur à croire, mais je n'arrive toujours pas à m'expliquer comment cette petite fille est arrivée à soulever cette étagère. Et, comme je l'ai dit, j'ai vu des choses plutôt bizarres dernièrement. Tellement bizarres que les gens à qui je les ai racontées ont pensé que j'étais folle. Alors peut-être que vous me dites la vérité. Ou peut-être…Peut-être que je suis vraiment en train de devenir folle," termina-t-elle dans un soupir.
"Je sais à quel point c'est dur à croire, et je serais encore plus inquiet si vous aviez tout avalé sans poser la moindre question," dit Giles avec un sourire rassurant. "Mais comme je vous l'ai dit, vous aviez le droit de connaître la vérité. Alors…Et merci pour le thé," ajouta-t-il en se levant. "Je vais voir si je peux aider Andrew et les filles. Plus vite on fini, plus vite vous pourrez rouvrir la boutique."
Giles quitta la pièce sous le regard de Becca.
INT. Salon du Conseil des Observateurs – Tard dans l'après-midi
Cleveland
Willow et Rowena avaient rempli plusieurs pages de notes. La fatigue était évidente sur le visage des deux femmes. Faith et Robin étaient assis tranquillement sur le sofa quand Andrew et Giles entrèrent dans la pièce.
"Salut," dit Willow en levant les yeux de son calepin. Elle se passa une main sur le visage. "Ça va mieux à la librairie?" demanda-t-elle.
"Andrew va devoir y retourner demain pour terminer de teindre et vernir les nouvelles étagères…mais oui, ça va mieux," dit Giles.
"Les filles ont été géniales," dit Andrew avec excitation. "Alex serait tellement fier. Marsha arrive même à manier une scie ronde comme si c'était un pieu."
Willow leva les yeux aux ciel devant son enthousiasme. "Et votre amie?" demanda-t-elle en se tournant vers Giles.
"Rien n'est encore tout à fait sûr," répondit-il. Il fit une pause, puis changea de sujet. "Et le livre, ça avance?" s'enquit-il en montrant le tas de feuilles couvertes de notes.
Willow soupira. "Ça avance, mais pas assez vite. C'est vraiment frustrant," dit-elle. "Peut-être que tout ça sert seulement à nous ralentir. Je veux dire d'accord, elle avait raison à propos de la plage…mais comment on peut être certains que c'était vraiment Tara?"
"Est-ce qu'elle bégayait?" demanda Faith.
"Quoi?" dit Willow.
"Tara," répondit innocemment Faith. "C'est bien la fille blonde que j'ai rencontré une fois, non? Elle bégayait…alors demande à Ken si elle le faisait dans son rêve."
Willow se leva très lentement de sa chaise et s'approcha du sofa.
"Willow…" Giles s'arrêta quand la sorcière leva une main.
"Oui, Tara bégayait quand elle était nerveuse," dit la rouquine. Le visage de Faith perdit ses couleurs devant le ton qu'avait employé la sorcière. "Et elle était nerveuse ce soir-là parce qu'elle savait qu'il y avait une tueuse psychopathe dans le corps Buffy."
"Ça va, relaxe, Will," dit Faith en levant les mains. "Je voulais pas être méchante. C'est quoi ton problème?"
Willow ricana sarcastiquement. "Voyons voir. Ma blonde est peut-être paraplégique, j'ai à peine dormi et mangé dans les deux derniers jours, et je suis en train de chercher quelque chose qui existe peut-être même pas pour retrouver mes pouvoirs. Et toi, comment ça va?"
Faith bondit sur ses pieds, arrivant nez à nez avec la sorcière.
"Pour commencer, j'ai dû rendre une Tueuse à son père dans un sac! Une de mes meilleures amies, dont tu as parlé, est étendue dans un lit et peut-être qu'elle pourra jamais recommencer à marcher, encore moins patrouiller, et il y a absolument rien que je puisse faire pour retrouver ton cher petit protégé. Alors, qu'est-ce que t'en penses?"
Willow serra les dents et les poings, mais ne dit rien.
"Oh non, là ça va mal," gémit Andrew. Il recula jusqu'à ce que son dos rencontre le mur près de la chaise de Rowena. "Toute cette discussion à propos de Tara la fait redevenir la reine de la magie noire."
"De quoi tu parles?" demanda Rowena. Willow et Faith ne s'étaient toujours pas quittées des yeux.
"Willow," dit Andrew en pointant la rouquine. "Elle est la mort. Elle est la vengeance que le cœur des hommes craint. Elle est comme la Princesse Leia quand elle est passée du côté sombre."
"Est-ce que tu vas te la fermer?" dit Willow en lui faisant face. "Et d'ailleurs, c'est pas Leia qui a changé de côté, c'est Luke. Leia l'a sauvé." La rouquine secoua la tête et ajouta dans un murmure, "Je peux pas croire que je me dispute avec lui à propos de ça."
"Vous allez vous la fermer, oui?!" dit Giles en se passant une main dans les cheveux.
La sorcière soupira et rougit, embarrassée.
"Willow, tu sais bien que Faith ne voulait rien dire de blessant. Alors calme-toi," continua-t-il. "Et Andrew, arrête de toujours penser que Willow va retomber dans la magie noire et détruire l'humanité." Giles sourit et se tourna vers la sorcière. "Mais si jamais tu décidais de le faire, je te prie de bien vouloir commencer par Andrew."
Willow lui lança un regard incrédule et, pour la première fois de la journée, un énorme sourire se forma sur le visage de la rouquine. "Ok, je vous le promet," dit-elle. Elle serra ensuite un peu le bras d'Andrew pour lui montrer qu'elle le taquinait. "Désolée, Faith," dit-elle ensuite, se tournant vers la Tueuse. "Je sais que tu ne voulais pas l'insulter."
"Ça va, Will," dit Faith. "On a tous beaucoup de pression sur les épaules."
Willow hocha la tête. Elle allait ajouter quelque chose, mais Rowena l'en empêcha.
"Oh!" s'exclama la femme. Elle agitait frénétiquement la main pour attirer leur attention, mais n'avait pas levé les yeux de son livre. "Je pense que j'ai trouvé le contre-sort!"
Acte quatre
INT. Repère du Présidium – Salle des machines – Crépuscule
Cleveland
Bonnie guida les quatre vampires dans la salle des machines, où se trouvaient l'Ingénieur et deux de ses subalternes. Les nouveaux arrivants furent témoins de l'arrêt de la machine. Une odeur fétide en émana soudainement, ce qui dégoûta même les vampires. Le visage de Bonnie demeura sans expression quand les subalternes de l'Ingénieur détachèrent Jeffrey et le laissèrent tomber sur le sol.
"Prenez-le…" commença Bonnie, mais elle s'arrêta quand Gretz prit son visage des mauvais jours. Souriant, le vampire souleva le jeune homme et sortit ses crocs. L'Ingénieur fit un geste, et un de ses hommes attrapa Gretz par la gorge avant qu'il ne puisse mordre Jeffrey.
"Gah!" cria Gretz alors que la créature serrait de plus en plus fort. Dans un craquement sinistre, la tête du vampire se sépara de son corps, et les deux parties tombèrent sur le sol, où elles se transformèrent en poussière.
Bonnie se tourna vers les autres vampires, qui semblaient avoir hâte de quitter les lieux.
"Comme je disais avant de me faire interrompre, prenez-le et amenez-le quelque part. En vie," ordonna-t-elle. "Ensuite, occupez-vous de la propriétaire du magasin comme vous auriez dû le faire hier. À la moindre erreur de votre part, vous allez rejoindre votre ami. Compris?"
Les vampires hochèrent la tête et deux d'entre eux soulevèrent Jeffrey et l'emmenèrent hors de la pièce.
L'Ingénieur se tourna vers Bonnie.
"Mon Seigneur?" dit-elle. "Le test était un succès?"
"Les portes seront ouvertes," répondit l'Ingénieur.
INT. Conseil des Observateurs – Salle de magie de Willow – Même moment
Cleveland
Rowena et Willow étaient assises sur le sol, face à face, un plan de la ville de Cleveland posé entre elles.
"Es-tu sûre que ça va fonctionner, Willow?" demanda Giles qui faisait les cents pas devant une des tables.
"Le contre-sort a marché, Giles," dit Willow en mélangeant des herbes. "Je le sens." Elle ferma les yeux un moment, puis répandit les herbes sur la carte.
"Montrez-moi Jeffrey Lindquist," dit-elle. Une lueur intense apparut immédiatement sur le plan.
"Là!" s'exclama Rowena en pointant la lumière."
"Attendez," dit Willow en levant une main.
"Qu'y a-t-il?" demanda Giles en s'approchant.
"La lumière…elle bouge," répondit la sorcière. Elle comprit ce que cela signifiait. "Il est en mouvement," ajouta-t-elle.
"Ok," dit Rowena en hochant la tête. Elle ouvrit le couvercle de son téléphone portable, et composa un numéro. "Vi? C'est Ro. Va vers les rues Euclid et Superior. Laisse ton téléphone allumé, on va te tenir au courant des changements de direction. Dis à Rona d'aller avec toi."
Willow se tourna vers Giles, qui avait recommencé à marcher de long en large. "Giles, vous me rendez nerveuse," dit-elle.
L'Observateur soupira. "Désolé," répondit-il. "C'est juste que…j'aurais aimé qu'elle accepte qu'on la protège, au moins pendant un certain temps."
"Voulez-vous qu'on envoie quand même une Tueuse là-bas? Faith, peut-être?"
"Non," dit-il en secouant la tête. "Non, elle ne nous fait pas assez confiance. Et je ne veux pas l'inquiéter davantage en lui envoyant une étrangère qui resterait devant sa porte à longueur de temps."
"Alors vous, allez-y. Elle vous connaît," dit Willow.
"Oui, le psychopathe qui se croit un tueur de démons, et qui commence à la suivre partout," maugréa-t-il. "Ça serait vraiment rassurant pour elle."
Willow lui sourit. "On sait tous les deux que vous allez y aller de toute façon, alors pourquoi pas le faire maintenant," le taquina-t-elle.
Giles voulut paraître indigné, mais ne pu retenir un sourire. "Oh, et puis pourquoi pas," soupira-t-il en prenant son manteau et en sortant.
Rowena leva les yeux de la carte. "Qu'est-ce qui lui arrive?" demanda-t-elle. "Je l'ai jamais vu comme ça avant."
"Moi oui," dit Willow en souriant.
"Quand?"
"Quand il était en amour," répondit la rouquine. Rowena lui rendit son sourire, puis reporta son attention sur le plan.
EXT. Dépotoir municipal – Soir
Cleveland
Un des vampires brisa le cadenas sur la porte menant au dépotoir. Il la garda ouverte pour laisser passer ses deux compagnons traînant Jeffrey. Ils le laissèrent tomber derrière des conteneurs. Quelques instants plus tard, un crissement de pneus et le son de portières qui se fermaient poussèrent les vampires à lever la tête.
"Des Tueuses!" dit l'un d'eux.
"Venez! On a une autre chose à faire avant d'avoir terminé," dit un autre.
Les vampires se sauvèrent en sautant par dessus une clôture.
Une minute après, Rona et Vi arrivèrent et virent le corps. Rona tendit son pieu à Vi, et prit le pouls de Jeffrey.
"Il est vivant," dit-elle en le soulevant sur ses épaules. En chemin vers la voiture, Vi composa le numéro du Conseil. Elle eût l'air frustrée en jetant un coup d'œil vers la clôture qu'avaient sautée les vampires.
"Dites au docteur de se préparer," dit-elle au téléphone. "HP est en vie, mais il va pas super bien. On arrive dans dix minutes."
INT. Becca's Books – Même moment
Cleveland
Becca se penchait pour attraper son livre derrière le comptoir, quand la porte d'entrée de la boutique s'ouvrit avec fracas. Elle releva immédiatement la tête et ses yeux s'agrandirent à la vue de ceux qui l'avaient attaquée la veille. Elle se tourna et courut à toute vitesse vers l'arrière-boutique.
"Elle est là!" cria l'un des vampires. "Attrapez-la!"
Becca venait d'atteindre la porte de l'arrière-boutique quand elle se fit rejoindre. Le vampire lui empoigna le bras et la força à se retourner. Ses deux compagnons la maintinrent en place alors qu'il changeait de visage.
La femme fut emprise à la panique. "Mais qu'est-ce…" dit-elle.
"Gretz avait trop peur pour te mordre, mais on vient d'en recevoir la permission," dit le vampire.
Becca hurla quand il se pencha en sortant ses crocs. Soudain, il s'arrêta et se raidit. Quelques instants plus tard, il ne restait de lui qu'un tas de poussière. La femme ouvrit les yeux et vit Rupert Giles devant elle.
"J'espère que je n'arrive pas trop tard?" demanda l'Observateur alors que les deux vampires restants relâchaient Becca.
Ils voulurent s'emparer de lui, mais il réussit à éviter l'attaque. Passant près d'une table, il prit un gros livre et s'en servit pour frapper le démon le plus près. Ce dernier grogna, souleva Giles et le lança par dessus le comptoir. Becca accourut à ses côtés et s'agenouilla pour voir s'il était blessé.
Giles secoua la tête pour s'éclaircir les idées, et leva les yeux vers la propriétaire de la boutique. Il déconnecta alors la caisse enregistreuse. Comprenant le plan, Becca hocha la tête. Dès qu'elle entendit un bruit, elle se releva, la machine dans les mains, et elle frappa le vampire qui allait passer par dessus le comptoir. Quelques instants plus tard, Giles se leva à son tour et planta un pieu dans le cœur de la créature étourdie.
Le dernier vampire les regarda tour à tour, et se mit à reculer. Giles contourna le comptoir, pieu en main. Ne voulant pas finir comme ses compagnons, le démon se mit à courir vers la sortie mais, juste avant qu'il ne puisse passer la porte, Giles lui lança son pieu avec une telle précision que le vampire se transforma aussitôt en poussière.
"Est-ce que ça va?" demanda Giles à Becca. Il essaya de lui examiner le cou pendant qu'elle regardait les nouveaux dégâts dans sa boutique. Ne voyant pas la moindre morsure, il commença à s'épousseter.
La propriétaire hocha la tête et se tourna ensuite vers lui. "Le bar!" s'exclama-t-elle en claquant des doigts.
Giles arrêta d'épousseter ses pantalons et la regarda. "Pardon?"
"Jimmies," dit-elle. "Il y a quelques semaine de ça. On a donné un spectacle et il y a eu une bagarre. J'ai brisé ma guitare en frappant un de ces…hommes au visage très ridé.
"C'était un vampire," dit Giles. "Et oui, on était là. Je savais bien que je vous avais déjà vue à quelque part. Vous étiez la chanteuse, c'est bien ça?"
Becca hocha la tête. "J'ai toujours pas acheté une autre guitare."
"Oh," dit Giles. "Eh bien…comme vous l'avez brisée en me sauvant la vie, il serait juste que je la remplace pour vous."
"Des vampires," dit-elle en secouant la tête. "Je ne pouvais pas en croire mes yeux cette nuit-là, et quand j'en ai parlé aux autres ils ont pensé que j'étais folle, mais maintenant…vous aviez raison, ils existent vraiment."
"Eh oui."
"Et toute cette histoire du Bien contre le Mal…"
"Ça aussi, c'est vrai," dit Giles. Il y eut un bref silence avant que l'Observateur se remette à parler. "Je suis désolé pour tous les dégâts que j'ai occasionné ici. Et ça peut vous paraître étrange, mais je sais très bien comment on se sent quand ça arrive."
Becca haussa les épaules, et Giles sortit une carte d'affaire de sa poche.
"Voici ma carte," dit-il en la lui tendant. "Je vais m'assurer que les Tueuses ajoutent cette rue dans leur patrouille quotidienne, mais ça m'étonnerait que d'autres vampires reviennent. Les nouvelles circulent vite dans le monde des démons," ajouta-t-il avec un petit sourire. "Quand les autres sauront que les Tueuses sont dans le coin, ils ne voudront pas courir de risque. Mais si jamais quelque chose se produisait, appelez-nous. L'une des nombreuses qualités de nos filles, c'est la vitesse. Elles arriveraient ici dans le temps de le dire." Giles se rendit jusqu'à la porte, mais se retourna. "Et…pour l'instant, je vous promets de ne plus venir vous importuner."
L'air déçu, il se retourna et se remit à avancer, mais une voix l'arrêta.
"Rupert?"
"Oui?" dit-il en se tournant vers elle.
"Avez-vous quelque chose de prévu demain?" demanda-t-elle.
Giles remarqua le petit sourire sur le visage de la femme, et il fit de même. "Oh, j'imagine que je vais essayer de trouver de nouvelles façons de tuer les démons," répondit-il. "C'est notre travail."
"D'accord. Mais quand vous aurez fini, est-ce que ça vous dérangerait qu'on aille manger à quelque part? demanda-t-elle. Giles sembla surpris, mais Becca poursuivit. "Quoi?" dit-elle en riant. "Statistiquement parlant, une femme de mon âge a plus de chance de se faire frapper par la foudre que de se trouver un homme. Et il ne faut jamais en laisser passer un qui est prêt à risquer sa vie pour une étrangère."
"Vous voulez dire une magnifique étrangère," dit-il en souriant. "Hum…Est-ce que vous me permettez de vous raccompagner chez vous? Je voudrais m'assurer que vous arriverez là en un seul morceau. Et en chemin, je pourrais vous enseigner quelques moyens utiles de combattre les démons…"
"Bonne idée," dit-elle en fermant les lumières. "Si je suis pour vivre au-dessus d'une…comment vous avez dit ça…une bouche de l'enfer?...Je pense qu'il faudrait au moins que je sache comment me défendre."
Ils quittèrent la boutique ensemble, souriant.
"Alors…vous aussi, vous jouez de la guitare…" dit Giles.
Becca hocha la tête et verrouilla la porte. Le couple se mit en route vers la demeure de la femme.
INT. Infirmerie du Conseil des Observateurs – Tard le soir
Cleveland
Lily Lindquist passa une main dans les cheveux de son fils endormi. Elle leva les yeux quand Willow passa la tête dans l'embrasure de la porte. La rouquine lui fit signe de venir la rejoindre. La mère de Jeffrey regarda son fils une dernière fois avant de suivre Willow dans le corridor.
La sorcière ferma la porte.
"Il est seulement en train de dormir," dit-elle d'une voix rassurante.
Lily hocha la tête. "Je sais, mais il ne va pas bien, Willow."
"Physiquement, il va très bien s'en remettre, Lily," dit la sorcière. "Le médecin l'a examiné, et il a seulement subi les effets du stress et de la fatigue."
"Mais qu'est-ce qui s'est vraiment passé là-bas?" demanda la mère. "Il n'a pas cessé de parler d'une machine de torture quand il délirait. Qu'est-ce que ça signifie?"
Willow soupira nerveusement.
"Presque toute la magie qui se trouvait dans son corps a été drainée," dit-elle. "Comment il a réussi à survivre, j'en ai absolument aucune idée. Normalement…Normalement, le corps n'est plus assez fort après qu'une telle chose soit arrivée. Mais lui…Il a vraiment le potentiel pour devenir un sorcier très puissant, Lily."
"Alors sa capacité à faire de la magie n'est pas disparue? Mais tu as dit…"
"Non," dit Willow en secouant la tête. "Il a juste été drainé, alors il va retrouver sa magie en temps et lieu. C'est comme quand on recharge une batterie. Il va puiser de l'énergie dans la terre, et il sera bientôt sur pieds. Et qui sait, peut-être qu'il va être encore plus puissant après. On verra."
"Willow," commença Lily, incertaine de si elle devait continuer ou non. Elle prit une profonde respiration et se racla la gorge. "Je…Je pense que je vais quitter le Conseil, en emmenant Jeffrey avec moi."
"Quoi?" s'exclama la rouquine en posant une main sur le bras de l'autre femme. "Lily, vous ne pouvez pas faire ça."
"Je dois le faire, Willow," dit la mère. "Je ne pourrais pas supporter de le perdre encore une fois."
"Lily, Jeff est plus en sécurité ici. Je sais que c'est dur à croire après tout ce qui est arrivé, mais c'est la vérité. Il a besoin d'entraînement. C'est un jeune homme curieux et très intelligent," expliqua Willow.
"Un jeune homme que je veux voir grandir et devenir vieux."
"Lily," dit la sorcière. Elle s'arrêta, cherchant ses mots. "La curiosité et l'intelligence sont des attributs merveilleux mais, sans un bon encadrement, ça pourrait s'avérer être très mauvais pour lui."
"Comment ça pourrait être pire que ce qu'il a déjà eu à endurer?"
"Quand j'avais son âge, la magie était mon passe-temps et j'avais personne pour me guider. Giles m'a toujours avertie des dangers, mais…Ok je le blâme pas, mais si j'avais eu plus d'encadrement et moins de réprimandes, je pense que ça aurait fait une différence. Comme Jeff, j'étais déterminée à apprendre la magie. Peu importe la façon, je voulais apprendre. Alors je m'y suis mal prise, et j'ai fini par presque détruire la planète. Je veux pas que ça arrive à Jeff. Il a le potentiel pour devenir une puissante source de bien, et je veux pas le voir changer de côté parce que personne le surveille."
"Mais c'est si dangereux, Willow," dit Lily avec un sanglot. "Je veux dire…Je pensais que le Conseil serait un endroit sécuritaire, mais le démon est entré et l'a enlevé."
"Je sais," dit Willow. "Mais pensez à ce qui serait arrivé si le Conseil avait pas été là. Si vous aviez été seule avec Jeff. Vous pouvez toujours partir si vous voulez, mais je peux pas vous promettre qu'il vont le laisser tranquille. Et si ça arrive…Bon ok je sais qu'on avait pas l'air très très préparés, mais j'ai parlé avec Rowena et il paraît que c'est rare que des gens survivent à une attaque d'un démon Vutch. Alors s'il vous plait, Lily, restez. Pas seulement dans l'intérêt de Jeff, mais pour vous aussi. Vous en savez assez sur nos activités pour savoir qu'aucun endroit dans le monde est vraiment sécuritaire. Et même avec ce nouveau danger ici, au moins vous pouvez nous aider et faire toute la différence. Et est-ce que c'est pas ce qu'il veut? Ce qu'il a écrit dans son journal?"
Lily hocha la tête. "Je vais y réfléchir, Willow. Mais je vais en parler avec Jeff. Et s'il veut partir, alors on y va. Mais merci d'être venue voir comment il allait. Ça signifie beaucoup pour moi. Je vais…"
Lily pointa la porte, et Willow lui fit un sourire. La mère de Jeffrey retourna au chevet de son fils. Après un moment, la rouquine s'éloigna et entra dans une autre pièce.
"Eh!" dit-elle, surprise en voyant sa petite-amie assise au bord du lit. "T'as réussis à t'asseoir!"
"Ouais," dit Kennedy en prenant Willow dans ses bras.
"Merci mon Dieu que tu sois une Tueuse," dit la rouquine en embrassant Kennedy sur les lèvres.
"Comment va Jeff?" demanda Kennedy. "Le médecin a dit qu'il allait guérir."
"Il va s'en remettre," dit Willow. "Mais je sais pas trop pour les cicatrices émotionnelles. Je peux même pas m'imaginer ce qu'ils lui ont fait subir, ni pourquoi. Giles a dit qu'il connaissait un psychologue en qui on pouvait avoir confiance, et qu'il serait heureux de parler à Jeff à propos de ce qui s'est passé. Je pense que c'est une bonne idée."
"Pauvre lui," dit Kennedy.
"Pauvre nous," corrigea Willow. "On a tous reçu de durs coups, Ken, et j'ai bien peur que ça aille juste en empirant. Mais d'ici-là, je pense qu'il faudrait se concentrer sur le présent et continuer notre routine."
"Ouai," dit Kennedy. "Alors, qu'est-ce que tu dirais de me laisser m'habiller pour que je puisse aller rejoindre Faith et les autres en patrouille?"
Willow la regarda. "Jamais de la vie, Chérie," dit-elle. "Tu vas retourner dans ton lit immédiatement, et avoir une bonne nuit de sommeil."
"Ok, mais à une condition," dit Kennedy en souriant.
"Laquelle?"
"Viens avec moi," dit la Tueuse avec un petit sourire en coin. "Un grand lit d'hôpital, il y a de la place."
Willow plissa les yeux. "Ok, mais on joue pas. Vous aller dormir, mademoiselle."
"Ok," dit Kennedy en hochant la tête. "Ferme la lumière."
Willow leva les yeux au ciel, mais obéit.
"Je vois rien."
"Je vais continuer de parler pour que tu puisses te diriger au son. Ça te va?"
Willow s'étendit sur le lit. Il y eut quelques instants de silence avant que Willow recommence à parler.
"Kennedy," dit-elle d'un ton désapprobateur.
"Quoi?" répondit sa compagne comme si de rien était.
"C'est des lèvres de Tueuse que je sens sur ma peau."
"MmHm," fit Kennedy. Le lit grinça un peu. "Et ça, c'est des mains de Tueuse."
"Aidez-moi, s'il vous plait. J'essaie de me contrôler," soupira Willow.
Kennedy gloussa, et Willow gémit de plaisir.
EXT. Parc – Jour
Cleveland
Kennedy regarda de tous les côtés, et leva les bras en l'air.
"Ah non, pas encore toi!" dit-elle en se tournant vers la personne assise sur le banc.
"Désolée, Chérie," dit Tara en haussant les épaules. "Allez, viens t'asseoir."
Après quelques instants, Kennedy haussa les épaules à son tour et obéit. Elle croisa les bras sur sa poitrine. "Bon, c'est pourquoi cette fois-ci? T'as encore un autre message compliqué à me transmettre?"
"Non," dit Tara. "Je voulais juste te remercier de ton aide. Pour m'avoir écoutée et pour pas avoir laissé tes propres sentiments intervenir. Ça prend du caractère, Kennedy."
"Ouai, bien, c'est moi ça. J'espère juste que nos petites rencontres vont pas arriver à toutes les nuits. Je veux dormir avec Willow, pas avec son ex."
"Non, je reviendrai pas. À moins que ça soit une urgence," dit Tara. Elle se tourna ensuite entièrement vers la Tueuse. "Willow t'aime beaucoup, Kennedy."
"Je sais ça," répondit-elle. "Et moi aussi je l'aime."
"Je sais. Et c'est pour ça que je veux que tu me promettes quelque chose," dit Tara, sérieusement. "Promets-moi que tu vas faire tout ce que tu peux pour rendre Willow heureuse, ok?"
"C'est sûr," dit Kennedy, confuse. "Je ferais tout pour elle."
"Même si c'est quelque chose qui te rendrait malheureuse?" demanda Tara.
"Quoi?" dit la Tueuse, de plus en plus confuse. "Est-ce que ça a à voir avec ce qui s'est passé avec Alex? Parce que je pense que j'ai déjà prouvé ce que j'ai dit. En quelque sorte. Mais évidemment, ce soir ça a aidé à tout arranger," ajouta-t-elle avec un sourire en coin.
Tara gloussa, mais redevint aussitôt sérieuse. "Je veux juste que tu te rappelles que Willow essaie toujours de faire ce qu'elle croit être le mieux pour les autres. Et elle va toujours faire ce qu'elle croit être le mieux pour toi," dit-elle en posant une main sur le genou de Kennedy.
La Tueuse fronça les sourcils, encore plus confuse. "Je suis désolée, Tara, mais je parle pas la langue des sorcières. Je comprend pas trop ce que tu essaies de dire."
Tara sourit. "Rappelle-toi juste de ta promesse, Chérie."
Tara tapota le genou de Kennedy et se leva. Elle partit, laissant la Tueuse seule sur le banc pour réfléchir à tout ça.
À suivre...la semaine prochaine