Présence étrangère

 

Histoire par: David, Zahir, CN Winters et Susan Carr

Écrite par: Steff, matériel additionnel par David Zahir

Dirigée par: CN Winters et Susan Carr

Produite par: CN Winters et Susan Carr

Éditée par: Kate

Département du son: Steff

Directeur artistique: Chris Cook

Artistes: Chris Cook, David Zahir, Coen, Tori, Cynthia Taz

Traduction par: Hélène Fortier

 

Introduction

 

INT. Conseil des observateurs – Jour

Cleveland

Debout sur le pas de la porte de la cuisine, toute l'attention était tournée vers Andrew. Se tenant droit et portant son costume de cuisine, complété avec un tablier et des mitaines pour le four, il annonça fièrement, "La soupe est servie!"

Quand Faith et Wood passèrent près de lui, Andrew remarqua les clés dans les mains de la Tueuse.

"Vous ne pouvez pas partir maintenant," leur dit-il. "J'ai même utilisé une recette spéciale que j'ai trouvé sur le forum de discussion New Hope. Ça n'avait rien à voir avec Star Wars, alors je ne sais pas pourquoi c'était là. Mais ça avait l'air vraiment bon alors j'ai décidé de l'essayer et…"

Faith l'empêcha de continuer. "Désolée, M. Maman, mais on va à Boston pour ramener une Tueuse."

"Et je suis sûr que Faith va trouver du temps pour me faire visiter son ancienne ville, n'est-ce pas?" Wood affirma, son regard passant d'Andrew à Faith.

"Oh ouais, baby. Tu vas adorer Boston, sans aucun doute," lui assura Faith avec un sourire.

Pendant que les deux amoureux passaient la porte, Andrew se tourna vers Willow. "Et toi, Willow? Je sais que tu aimerais les merveilles que j'ai préparé pour déjeuner."

"Désolée, je n'ai vraiment pas le temps maintenant. Je viens juste de réussir à infiltrer la base de données de la police et on dirait bien qu'il y a un nid de vampires pas très loin d'ici. Je devrais bientôt savoir exactement où il se trouve," di-elle, sans vraiment porter attention, tout en se dirigeant vers le réfrigérateur pour se verser un verre de jus.

"Oh, bien joué," complimenta rapidement Giles alors qu'il allait accueillir le menuisier embauché pour faire les rénovations.

Au même moment, Andrew remarqua Kennedy qui passait près de lui. "Oh hé, le déjeuner est prêt. C'est le repas le plus important de la journée, un des besoins les plus importants d'une Tueuse," dit-il avec un sourire incertain, espérant qu'au moins une personne allait goûter à son repas et commençant à désespérer.

"Mmm, non. Je vais passer l'avant-midi à m'entraîner avec les filles alors je n'ai pas le temps," dit Kennedy en donnant un rapide baiser à Willow avant de sortir.

Tout en soupirant, Andrew commença à marmonner. Lorsque Giles ouvrit la porte au nouveau menuisier, il accueillit l'homme avec un sourire. "Bonjour. Je m'appelle Rupert Giles. Vous devez être Hank Malloy, je présume?"

"Oui monsieur, c'est moi. Je ne pensais jamais revoir ce vieil immeuble un jour. Je croyais qu'ils finiraient par le démolir," dit Hank.

"Vous avez déjà travaillé ici?" demanda Giles poliment.

"Oh oui, j'étais ici il y a quelques années," répondit Hank.

"Ah, d'accord. Que pensez-vous d'aller dans la salle à manger pour une tasse de café?" offrit Giles. "Je pourrais vous montrer ce que nous aimerions faire."

"Bien sûr."

"Parfait. C'est de ce côté," dit Giles en guidant Hank vers la salle à dîner.

En entrant dans la pièce, les deux hommes trouvèrent Andrew en train de manger des œufs en énormes bouchées. Il avait l'air découragé devant son repas, l'ayant préparé avec tant de soins. Pensant qu'il était seul, Andrew se mit à se parler à lui-même, assez fort pour que les intrus entendent. Giles fit signe à Malloy de rester silencieux.

"Merci, Andrew, c'est si gentil de ta part," dit Andrew avec une voix haut-perchée, une exécrable imitation de Kennedy ou Willow, avant d'ajouter, "Oh, des œufs. J'adore ça, merci mon gars!" dit-il après une autre bouchée, dans une voix féminine plus profonde, que Giles identifia comme étant une imitation de Faith. Giles retint un gloussement et continua d'écouter. "Ah, du bacon. Oui, c'est vraiment une très gentille attention, Andrew. Ton travail est très apprécié," continua-t-il avec un accent britannique qui se passe de commentaires.

Giles se racla la gorge et Andrew leva enfin les yeux de son assiette. N'ayant aucune idée depuis combien de temps Giles était là, il essaya immédiatement de se racheter.

"Oh! M. Giles, je, euh, ne savais pas que…que vous étiez là."

"Évidemment," dit Giles, pénétrant davantage dans la pièce avec Malloy, et attrapant au passage une tranche de bacon. "Hum, ton travail est très apprécié," dit-il en imitant le ton qu'Andrew venait d'utiliser.

Andrew rougit. "J'étais juste en train de, euh, finir mon déjeuner. Vous savez, le repas le plus important de la journée," dit-il en se levant de sa chaise. "Je, euh, je vais m'en aller maintenant."

Giles arborait un large sourire en regardant Andrew quitter la pièce. Ensuite, l'observateur se tourna vers Malloy, qui souriait encore à cause des bouffonneries du jeune homme.

"Crème ou sucre?" demanda Giles avec désinvolture.

INT. Rue de Londres – Jour

Angleterre

 

Londres 2002

Une femme blonde regardait par la fenêtre du taxi en approchant de sa destination. Elle ne clignait presque pas des yeux, de couleur noisette, qui affichaient les signes du manque de sommeil. Elle serrait un cartable contre elle. Celui-ci apparaissait plus grand qu'il ne l'était en réalité, simplement parce qu'elle était petite et mince. Elle avait presque l'air d'une collégienne souffrant du décalage horaire.

Le quartier, majestueux et imposant, était entouré de murs de briques rouges et couverts de lierre. Près d'un tiers des immeubles comportaient un dôme, et ils avaient presque tous l'air d'avoir été construits durant le règne de la reine Victoria. Les alentours semblaient respectables, dignes de confiance, même un peu royaux. Les quelques gargouilles protectrices étaient en fait des lions ou des anges. Il n'y avait aucun démon, aucune créature fantastique.

Silencieusement, la jeune femme se glissa hors du taxi et paya ce qu'elle devait.

"Gardez la monnaie," dit-elle au conducteur.

Les yeux de l'homme s'illuminèrent. "Merci! Je vous souhaite une excellente journée, mademoiselle."

Le pourboire était généreux, probablement trop. Quand le taxi disparut de son champ de vision, la jeune femme se retourna et se mit en route, à pieds, empoignant fermement son sac.

Enfin, elle tourna un coin et s'arrêta. À un demi pâté de maisons plus loin se dressait un immeuble de cinq étages qui ressemblait à une université ou à une agence d'avocats. La grille qui l'entourait avait l'air antique, mais en bonne condition.

Sur la grille se trouvaient des armoiries fraîchement peintes. Sur le bouclier, il y avait la représentation de trois corbeaux au-dessus d'un lion endormi. En dessous, une inscription en latin sur un parchemin:

PER EXPEDIA, VICTUS!

"Le savoir amène la victoire," dit la femme doucement, traduisant l'inscription à voix haute.

Resserrant sa poigne sur le sac, elle fit un pas et se figea brusquement.

Une détonation, qui semblait avoir été provoquée par un canon, résonna si près que ses oreilles se bouchèrent. Une éclatante lumière orangée et un vent chaud accompagnèrent le son. Soudain, une pluie de verre brisé, de béton, de briques, de bois et de cendres se mit à tomber. Instinctivement, la femme empoigna son sac et se sauva en courant.

Des débris la heurtèrent durant sa fuite. Apercevant l’aire de chargement d'un immeuble à proximité, elle plongea à l'intérieur, évitant de justesse ce qui semblait être un énorme morceau de béton qui alla s'écraser au sol. Des ouvriers l'aidèrent à se relever et l'examinèrent pour s'assurer qu'elle n'était pas blessée.

"Qu'est-ce que c'était? Tu vas bien, chérie?" demanda l'un d'eux.

La jeune femme ne répondit pas. Elle se retourna et remarqua que ce qui avait failli l'assommer n'était pas du béton, mais plutôt une pièce de bois en feu.

Ensuite, des hurlements de peur et d'agonie se firent entendre. Lentement, elle se rendit au bord de la plate-forme. Ses yeux se remplirent d'eau et elle resserra son étreinte sur le sac une fois de plus.

Elle entendit quelqu'un crier, mais le bourdonnement dans ses oreilles l'empêchaient de distinguer les paroles. Indifférente, elle ne réagit pas. Son regard restait inlassablement fixé sur les restes fumants de ce qui avait autrefois été un immeuble de bonne taille.

Un homme d’apparence farouche apparut et la tira par le bras. "Allez, on doit partir! Mademoiselle? Mademoiselle?" La femme, le visage sans expression, ne broncha pas.

INT. Conseil des observateurs de Londres – Jour

Londres, Angleterre

Le même visage sans expression. Cependant, la voix qui l'appelait avait changé. "Mademoiselle? Mademoiselle?" Ce n'était plus une voix masculine et étouffée, mais féminine et assez claire. "Mademoiselle Allister? Est-ce que ça va?"

Secouant imperceptiblement la tête et clignant des yeux à plusieurs reprises, la regard de la jeune femme traversa la salle. Ici, aucun débris. Aucune odeur de bois et de caoutchouc brûlé. Aucune sirène. Elle n'était plus debout, mais assise. Ses cheveux étaient propres, pas encrassés de suie. Sous ses pieds se trouvaient de la moquette bourgogne au lieu de béton huileux.

"Mademoiselle Allister?" répéta la secrétaire, avec un soupçon d'impatience.

"Désolée. Je réfléchissais."

"M. Tyrell va vous recevoir, à présent," dit la secrétaire.

"Merci."

Mademoiselle Allister hocha poliment la tête et respira profondément. Ramassant son sac et le gardant près d'elle, elle passa une lourde porte en bois de cerisier et la referma derrière elle.

 

Acte Un

 

INT. Salle de Willow – Nuit

Cleveland

"Oh, salut. Est-ce qu'il n'est pas un peu trop tard pour toi? Tu devrais déjà être au lit. Tu as de l'école demain, non?" demanda Willow à un jeune garçon d'environ huit ans qui était debout devant elle.

N'obtenant comme toute réponse qu'un visage sans expression, Willow fit un pas et s'accroupit devant l'enfant.

"Est-ce que ça va? Es-tu perdu?" demanda-t-elle avec un intérêt sincère. "Où sont tes parents? Veux-tu que je les appelle pour toi?" Pas de réponse.

Le petit garçon se tenait droit, sans bouger, tout en continuant de fixer Willow. Celle-ci remarqua que ses yeux semblaient ternes et sans vie. Il n'avait pas bougé d'un centimètre depuis qu'elle l'avait aperçu et son visage ne trahissait toujours aucune expression. Elle leva les yeux et vit un homme chauve derrière lui, tenant un plateau rempli de différentes variétés de fromage. "Le calcium rend les os forts," murmura l'homme. Willow l'ignora et reporta son attention sur l'enfant devant elle.

À ce moment, elle tendit la main vers le garçon. Quand il ouvrit la bouche pour parler, la sorcière écouta attentivement. Elle l'entendit chuchoter, "Vous devez le cacher. Ne pas le laisser le trouver."

Confuse, Willow interrogea l'enfant des yeux.

"Trouver quoi?"

Laissant s'échapper un cri d'agonie, le jeune garçon passa en courant à côté d'elle.

INT. Salle d'entraînement des tueuses – Nuit

Cleveland

Kennedy approchait de la fin de sa session d'entraînement, et sursauta en voyant une petite fille d'environ huit ans qui se tenait silencieusement derrière elle.

"Oh! Tu m'as fait peur," dit-elle avant d'ajouter, "Qui es-tu?"

Kennedy enleva ses gants de boxe et prit une gorgée d'eau, attendant que l'enfant lui réponde.

"Ok, qu'est-ce que tu fais ici? Je ne t'ai jamais vue ici avant. Est-ce que les autres savent que tu—" Elle fut interrompue par la petite fille.

"Vous devez le cacher. Ne pas le laisser le trouver."

Après un court moment, la jeune tueuse répondit. "Qu'est-ce que c'est supposé vouloir dire?" demanda-t-elle, la confusion évidente sur son visage.

L'enfant se retourna et passa la porte en courant. Quelques secondes plus tard, Kennedy entendit un cri de détresse.

INT. Cuisine des tueuses – Nuit

Cleveland

Dans la cuisine, Faith répondait à une fringale nocturne. Fermant la porte du réfrigérateur et se retournant vers l'îlot au centre de la pièce, elle vit un jeune garçon assis à la table, attendant apparemment qu'elle termine son repas.

"Oh. D'où tu sors, toi?" demanda-t-elle en mordant dans son sandwich. C'est alors qu'elle entendit une autre voix, provenant de derrière elle.

"N'oubliez pas le fromage."

En se retournant, elle vit un homme tenant un plateau rempli de différentes variétés de fromage.

"Ça va, mon gars," lui dit-elle. "J'ai tout ce qu'il me faut"

Elle reporta son attention sur l'enfant. "Ok, tu ne parles pas beaucoup, n'est-ce pas? Comment tu t'appelles?" Toujours pas de réponse. "Écoute, petit. Qui t'a laissé entrer? Giles? Il faut que je lui parle. Il ne m'a jamais dit qu'on attendait…"

"Vous devez le cacher. Ne pas le laisser le trouver," l'interrompit le petit garçon.

"De quoi tu parles?" lui demanda-t-elle. Il se mit à hurler et se sauva en courant. Faith haussa les épaules et continua son sandwich.

INT. Salle d'étude du Conseil des observateurs – Nuit

Cleveland

Giles cherchait une information dans un de ses livres quand il aperçut quelque chose du coin de l'œil. Il tourna la tête et vit une petite fille debout près de lui. "Oh, bonsoir. Je ne t'avais pas entendue entrer," lui dit Giles. "Puis-je t'aider?" s'enquit-il.

L'enfant ne bougea pas.

"Oh, je- je suis désolé, où sont passées mes manières? Je m'appelle Rupert Giles. Je suis un observateur," dit-il, en s'accroupissant pour faire face à la petite fille.

"Ne pas le laisser le trouver," répondit-elle.

"Pardon? Trouver quoi?" demanda Giles.

Pour toute réponse, la petite fille se sauva en laissant sortir un hurlement.

INT. Bibliothèque des observateurs – Nuit

Cleveland

Wood était en train de déterminer où aller chercher de nouvelles tueuses quand un jeune garçon, debout devant lui, attira son attention.

"Oh, salut toi. Comment tu t'appelles, mon petit?" demanda-t-il poliment, pour ne pas effrayer l'enfant. Ne recevant aucune réponse, il ajouta "Je suis Robin," en tendant la main pour serrer celle du petit garçon. Devant l'absence de réaction, il continua, "Es-tu ici avec quelqu'un? Tes parents?"

"Vous devez le cacher. Ne pas le laisser le trouver." Le garçon se sauva rapidement, surprenant Wood avec un cri strident.

INT. Médiathèque d'Andrew – Nuit

Cleveland

"Voyons voir…j'ai les six premières saison de X-Files. Je n'ai jamais acheté la septième parce que ça n'avais pas beaucoup de mérite, tu vois ce que je veux dire? Oh! Et en plus des six premières saisons, j'ai aussi la sortie cinématographique de 1998, 'Flight of the Future'," dit Andrew en exhibant le DVD de chaque item mentionné. La petite fille restait assise, le visage sans expression. "Oh, ok. J'imagine que je vais choisir moi-même ce qu'on va regarder…si tu ne veux pas le faire," dit-il.

L'avertissement standard du FBI au début du disque apparu à l'écran et Andrew se tourna vers la petite fille, "Alors, quel est ton nom? Je m'appelle Andrew."

"Ne pas le laisser le trouver."

"Hein? Qui?"

La fille se sauva en courant, laissant Andrew perplexe.

"Hé! Qu'est-ce que tu fais du DVD?" lui cria-t-il en se laissant tomber sur le sofa. Il se croisa les bras et marmonna, "Stupides tueuses."

INT. Conseil des observateurs – Jour

Cleveland

Willow et Kennedy pénétrèrent dans la salle à manger et virent que Giles, Faith et Wood s'y trouvaient déjà. Adrew arriva avec leur déjeuner au moment même où elles prenaient place à table.

"Alors, comment va tout le monde en cette belle matinée?" demanda-t-il en déposant les assiettes sur la table, heureux qu'ils aient tous finalement décidé de manger.

"Oh, bien, merci," dit Giles avec un sourire en regardant Andrew les servir. Giles posa ensuite ses yeux sur chacun des autres convives. "Ça a l'air excellent, n'est-ce pas?" ajouta-t-il, essayant d'extraire un compliment de la bouche des autres.

Willow, la première à comprendre, commenta rapidement, "Oh, regardez! Des œufs…comme je les aime," en faisant un sourire à Andrew.

"S'il te plaît," commença Andrew. "Pas de ton condescendant avec moi."

"J'utilise pas un ton condescendant," objecta Willow. "Ça a vraiment l'air bon et…et oui, Giles nous a dit que tu ne te sentais pas apprécié à ta juste valeur," ajouta-t-elle, avec une pause brève. "Mais on a vraiment besoin de toi. Alors on est désolé si tu te sens délaissé," continua-t-elle sincèrement.

"Excuses acceptées," dit Andrew avec un sourire. "Alors, comment était votre voyage?" s'enquit-il auprès de Faith et Wood.

"Excellent," répondit Wood. "On a une Tueuse qui va arriver de Boston cette semaine, et une observatrice potentielle qui vient du New Jersey."

"Très cool," commenta Andrew. "Et M. Giles, comment allez-vous? Je vous ai entendu dans la salle d'étude, tard hier soir."

"Désolé si je t'ai réveillé," dit Giles.

"Non, j'étais déjà debout."

"Eh bien, je n'ai pas très bien dormi," lui dit Giles. "Alors je me suis dit que je lirais des textes anciens."

"Moi non plus," ajouta Willow. "Sommeil agité."

"Je sais ce que vous voulez dire," leur dit Andrew. "J'ai fait le plus étrange des rêves la nuit dernière," continua-t-il avec désinvolture, en s'assoyant pour manger. Le groupe se prépara mentalement à s'ennuyer. "J'étais debout devant la télévision, me préparant à regarder mes DVDs de X-Files. J'avais rien à faire de la saison 7, alors je ne l'ai pas achetée. Mais j'ai les six premières saisons, incluant la sortie cinématographique de 1998-"

Son discours fut interrompu par Faith. "Arrive au but."

Après une courte pause et un regard indigné dans la direction de la tueuse, Andrew continua son histoire. "En tout cas," poursuivit-il, "il y avait cette petite fille assise sur le sofa et, naturellement, j'ai pensé que c'était une nouvelle tueuse. Alors on était en train de décider quoi regarder. Mais elle n'a jamais dit un seul mot, alors je lui ai dit que j'allais choisir à sa place. Je lui ai demandé son nom et, encore là, elle n'a pas répondu. Ensuite, elle a dit…"

"'Ne le laisse pas le trouver' ou quelque chose comme ça?" offrit Willow.

"Ouiiiiiii," dit Andrew en hochant la tête. "Tu as fait le même rêve?"

"Woah, moi aussi," intervint Faith avant que Willow puisse répondre. "Mais pour moi c'était un petit garçon, pas une fille," dit la tueuse. "Quelqu'un d'autre a fait le même rêve, ou est-ce qu'on est l'escouade psychique?"

"Bien, j'ai fait un rêve similaire, aussi à propos d'une petite fille," dit Giles. Il regarda ensuite Kennedy et Wood. "Et vous?"

Tous deux hochèrent la tête. Willow prit son stylo et écrivit quelques notes sur le bloc de papier près d'elle.

"Oui, une jeune fille," lui dit Kennedy. "Je pensais qu'elle devait être une tueuse. On en a tellement qui nous arrivent présentement. Il était tout à fait naturel de voir une fille dans la salle d'entraînement, alors je n'ai pas trouvé ça bizarre."

"Le mien était à propos d'un garçon, pas d'une fille," répondit Wood. "Et oui, il a dit quelque chose qui rime." Robin fit une pause pour essayer de se remémorer son rêve. "Vous devez le cacher. Ne pas le laisser le trouver," leur dit-il en claquant des doigts.

"Ça doit bien vouloir dire quelque chose," dit Willow, "je pense qu'on devrait faire des recherches," ajouta-t-elle en regardant Giles.

"Oui, je suis d'accord. On pourrait trouver des renseignements intéressants," répondit-il en hochant la tête.

"Andrew, tu viendras m'aider quand tu auras fini de nettoyer," dit Willow en se levant, prenant son verre d'une main et son assiette et le calepin de l'autre.

"Bien sûr, Willow," répondit-il avec enthousiasme.

"Un rien l'amuse," souffla Kennedy à Faith, qui se contenta de sourire.

En partant, Willow aperçu Hank qui approchait de la salle à manger. "Bonjour," dit-elle en lui faisant un signe de tête poli.

"'jour," répondit-il sans s'arrêter pour aller trouver Giles. Arrivé à destination, il serra la main de l'observateur. "Bonjour, M. Giles."

"Oh, M. Malloy, bonjour."

Giles présenta alors les autres occupants de la table. "Voici Faith, Wood, Kennedy et Andrew, que vous avez rencontré hier," dit-il en souriant, chacun répondant avec un sourire et un signe de tête à l'appel de leur nom.

"Heureux de tous vous rencontrer," dit Hank, souriant lui aussi.

Andrew se mit à parler avec désinvolture. "Oui, je pense qu'on a été très chanceux de trouver quelqu'un qui avait déjà travaillé ici. Ça aide de connaître l'endroit un peu mieux, non?"

"Ouais, c'est sûr. Je suis content d'être revenu, c'est un immeuble fantastique. Je n'aimerais pas les voir le détruire," dit Hank en allant commencer son travail.

Laissant les autres terminer leur repas, Giles rejoignit Willow à l'ordinateur. Après s'être assuré qu'ils étaient seuls, il commença à lui parler.

"Euh…je voulais te demander si tu avais réussi à déterminer où se trouve le nid de vampires," dit-il en s'assoyant près d'elle.

Levant les yeux de l'écran, Willow l'informa, "Ça va prendre encore un peu de temps, en fait."

"Oh, d'accord. Je pense qu'on devrait s'en occuper en priorité. C'est une menace connue et on doit l'éliminer le plus tôt possible."

"Ok, je travaille dessus. Je devrais bientôt trouver quelque chose. Et, après le déjeuner, j'aimerais avoir plus d'informations sur le rêve qu'on a tous fait."

"Tu te transformes en Freud, maintenant?" la taquina-t-il.

"Ça pourrait être complètement banal," répondit-elle. "Mais qu'on fasse tous le même rêve? Ça m'étonnerait beaucoup que ce soit juste une coïncidence."

EXT. Rue devant le Conseil – Jour

Cleveland

Dans le nouveau conseil, tout le monde était si occupé que personne n'avait remarqué la camionnette noire garée de l'autre côté de la rue. Pour un passant ordinaire, elle semblait vide…

…mais, à l'intérieur du véhicule, trois hommes, chacun portant un casque d'écoute, étaient rassemblés autour de minuscules écrans de télévision. Devant chaque homme se trouvaient plusieurs boutons et panneaux de contrôle. Sur les écrans, ils pouvaient voir tout ce qui se passait au Conseil. Un des écrans montrait même la livraison du courrier.

INT. Conseil des Observateurs – Plus tard, le même jour

Cleveland

"Salut," dit Kennedy, arrivant derrière Willow et la serrant dans ses bras.

"Salut, tu t'en vas déjà?" demanda la rouquine alors que Kennedy se penchait pour l'embrasser.

"Ouais, le soleil va se coucher dans une heure. On ne veut pas perdre de temps, alors c'est mieux de commencer de bonne heure," expliqua Kennedy pendant que les autres tueuses entraient dans la pièce, Vi ouvrant la marche. "Les recherches avancent?" s'enquit Kennedy.

"Oui, j'ai réduit la zone à une bouche d'égout. On dirait que c'est la route préférée des morts-vivants, ici aussi. Là, je suis sur l'histoire des rêves bizarres, mais on n'a pas beaucoup d'infos," dit Willow avec un air détaché, en reportant son attention sur l'écran.

"Oh. Eh bien, Faith reste ici cette nuit, alors l'immeuble ne restera pas sans surveillance."

Devant le regard que Willow lui lança, Kennedy poursuivit.

"Hé! On n'a pas besoin d'un autre incident du genre 'je suis un méchant vampire maintenant, laissez-moi entrer'," expliqua-t-elle. "Encore un autre appel paniqué du quartier général sur mon Talkie-Walkie et je suis bonne pour la crise cardiaque."

"Ça va bien aller," la rassura Willow.

"Avec Faith ici, je le crois. Mais juste au cas, Vi est avec moi et Rona dirige la deuxième équipe cette nuit. Alors appelez si vous avez besoin de nous."

"T'inquiètes pas," répondit Willow, s'étirant le coup pour recevoir un autre baiser, que Kennedy fut ravie de lui donner. "Quand vous allez revenir, peut-être que je vais avoir extirpé plus d'infos que de références de L'interprétation des rêves."

Giles, qui se tenait en silence dans l'embrasure de la porte, avait été témoin de toute la conversation. Ses yeux trahissaient son inquiétude. "Tu vas y arriver," affirma Kennedy, confiante. "Je vais revenir bientôt," ajouta-t-elle avant d'aller rejoindre la patrouille pour la guider dans la nuit.

Une fois les tueuses parties, Giles rejoignit Willow à l'ordinateur. "Est-ce que quelque chose te tracasse? Tu m'as l'air quelque peu distraite, ce soir," demanda-t-il, soucieux.

"Qu'est-ce qui vous fait dire ça?" le questionna Willow, souriant tristement en se retournant pour faire face à son ami.

"Eh bien…après 7 ans, je peux deviner quand quelque chose te dérange. Est-ce que ça a un rapport avec ton travail d'observatrice? Je sais bien qu'on n'a pas eu beaucoup de temps pour l'entraînement, mais je te promets qu'une fois qu'on…"

"Non, ce n'est pas ça," dit-elle en sortant une carte postale d'un des tiroirs du bureau et la lui tendant.

En l'examinant, il vit le nom d'Alex écrit dessus. Il leva les yeux. "De la part de monsieur Harris?" demanda-t-il en commençant à lire, le sourire aux lèvres.

"Oui, je l'ai reçue ce matin, juste après le déjeuner. Il est tout seul, c'est ce qui m'inquiète. Je ne sais même pas où il est, ni comment il va. Je…je sais bien qu'il a plein d'argent, mais je ne sais pas comment il, vous savez, survit. C'est juste que…j'aimerais pouvoir faire plus pour lui. J'imagine que je me sens inutile, en quelque sorte," expliqua Willow alors que Giles lui rendait la carte. "Je ne peux même pas l'appeler sur son portable, il a fait annuler son numéro."

"Il n'a pas l'air d'aller si mal. Il a toujours voulu traverser le pays et voir les parcs nationaux."

"Ce n'est pas ce qu'il dit qui m'inquiète," répondit la rouquine. "C'est ce qu'il ne dit pas. Relisez-la et dites-moi si ça sonne comme le Alex qu'on connaît."

"Je vois," dit Giles en enlevant ses lunettes, après avoir relu le message. "Aucune phrase du genre auquel il nous a habitué. C'est bien ce que tu veux dire?"

"On dirait qu'il n'est pas lui-même. Je veux dire, après avoir perdu un œil et Anya, et tout en fait, il a été découragé. Et je respecte l'honnêteté dont il a fait preuve quand il a dit qu'il ne voulait pas continuer la bataille. Ce qui est dur, c'est de ne pas pouvoir l'aider, surtout après tout ce qu'il a fait pour moi après la mort de Tara."

"Peut-être devrions-nous contacter Buffy? Voir si elle peut le joindre, ou bien si elle sait ce qui se passe?"

"Peut-être…tout ce que je sais, c'est qu'il dit qu'il va bien, que la carte postale lui a fait penser à moi et que c'est pour ça qu'il l'a envoyée," dit Willow, souriant tristement devant l'image d'une chèvre sur la carte. "Je me souviens du zoo où on est allé quand on était enfants," lui dit-elle en pointant l'image. "On dirait bien qu'il s'en rappelle aussi, mais…"

"Penses-tu qu'on devrait lancer une recherche – je veux dire, un vraie recherche? On pourrait le trouver et essayer de lui parler," suggéra Giles.

"Non, non. Il est parti parce qu'il voulait s'éloigner de tout ça, prendre du recul. Je pense qu'on devrait le respecter assez pour le laisser faire et vivre sa vie," répondit Willow.

"Bon, comme tu veux," concéda Giles. "Et à propos des enchantements de guérison que tu cherchais?" demanda l'observateur.

"J'en ai trouvé quelques-uns, mais seulement des rituels de magie noire qui requièrent une forme de sacrifice. Et…et je ne parle pas de jolis petits animaux, mais d'humains. Je suis bien prête à faire certains sacrifices pour essayer d'aider Alex, mais pas ce genre de sacrifices. Vous voyez la différence?"

"Tu as raison," dit Giles. "Mais si tu as besoin de moi…"

"Je sais où vous trouver," dit-elle avec un sourire en coin. "En haut, troisième porte à droite."

En se levant, Giles caressa affectueusement l'arrière de la tête de la sorcière avant de lui donner une petite tape sur l'épaule.

EXT. Rue de la ville – Nuit

Cleveland

"Je me demande pourquoi c’est si calme cette nuit," mentionna Vi alors qu'elle patrouillait avec les autres.

"Qui sait," répondit Kennedy. "C'est probablement le calme avant la tempête. On doit être prêtes."

Les filles ne remarquèrent pas la femme blonde qui les suivait, en faisant attention de rester à une bonne distance derrières elles, et qui épiait leur moindre geste et écoutait toutes leurs conversations.

"Hé! On descend là-dedans et après on ira vérifier l'est de la ville," dit Kennedy, pointant vers une bouche égout.

Le groupe descendit l'échelle sans apercevoir la femme, maintenant armée d'une arbalète, qui les avait prises en filature. Et aucune d'elles ne vit la camionnette noire qui les suivait.

INT. Conseil des Observateurs – Au même moment

Cleveland

"Oh, regardez ça. La ville a une très longue histoire," dit Willow à haute voix, attirant l'attention de Giles. Rapprochant son visage de l'écran pour mieux voir, la rouquine commença à faire la lecture des informations à l'observateur, alors qu'il déposait son livre et marchait vers elle.

"Six enfants ont été assassinés l'année dernière. Le suspect numéro un était un SDF, Richard Malloy. Il est mort l'hiver passé en tombant du toit de l'immeuble où on se trouve. Pas de meurtre depuis," dit Willow en lançant un coup d'œil à Giles.

"Le SDF dont nous a parlé l'agent d'immeuble," ajouta l'observateur. Après un autre coup d'œil à Giles, la jeune femme tapa une autre recherche. Soudainement, une autre page s'afficha.

"Oh, on dirait bien qu'on a découvert quelque chose de très intéressant, n'est-ce pas?" remarqua Giles.

"Définitivement," lui dit Willow. "Selon les données de la police, Hank, notre réparateur, et Richard sont des frères…jumeaux, même, si on regarde les photos. Bon, bien ça complique un peu trop les choses à mon goût," dit Willow en sauvegardant les nouvelles informations sur une disquette.

INT. Égouts – Nuit

Cleveland

"Rachel! Derrière toi!" hurla Kennedy en se retournant pour éliminer un vampire.

Rachel, une nouvelle recrue, se tourna juste à temps pour s'occuper du vampire qui arrivait derrière elle.

Sans se faire remarquer ni des filles ni des créatures de la nuit, la mystérieuse femme blonde observait tout ce qui se passait à partir de se cachette dans l'ombre. Soudain, quelque chose attira son attention.

"Hé! Derrière toi! cria-t-elle à Vi, qui éliminait des vampires qui s'étaient regroupés devant elle.

Trop occupée avec ce qui était devant elle, Vi n'avait pas remarqué les deux morts-vivants qui s'approchaient silencieusement par derrière. Entendant la mise en garde, elle se retourna et en tua rapidement un, alors que l'autre se transforma soudainement en poussière. La femme blonde tenait une arbalète vide et essayait de la recharger.

Les autres vampires virent alors l'étrangère et se précipitèrent sur elle, la projetant au sol.

Se penchant sur elle, le mort-vivant affirma, "Je n'ai pas eu un bon repas depuis longtemps. Je sens que je vais adorer."

La femme ferma les yeux et essayer de repousser son assaillant, mais il était trop fort pour elle et conservait l'avantage. Puis, soudain, elle sentit ses mains donner une poussée vers le haut et fut recouverte de poussière. Ouvrant les yeux, elle vit Kennedy devant elle, les mains sur les hanches.

"Salut. T'es qui?" demanda la tueuse, aidant la blonde à se relever.

"Rowena Allister," répondit-elle.

"Es-tu une tueuse?" demanda Vi. "Parce que le quartier général n'est pas très loin d'ici, alors tu pourrais nous accompagner, si tu veux."

"Oh, non. Je reste seulement si je n'ai pas le choix," dit Rowena avec un petit sourire, en époussetant ses vêtements. "Je suis une Observatrice."

Kennedy haussa les sourcils et la mâchoire de Vi tomba.

 

Acte Deux

 

INT. Conseil des Observateurs – Jour

Cleveland

En entendant frapper, Willow alla ouvrir, Andrew sur les talons.

Sur le pas de la porte se tenait un homme sérieux et de belle allure. Il se présenta à Willow, tout en lui serrant la main.

"Bonjour. Je m'appelle Vincent DeVeer, du Conseil des Observateurs. Je suis ici à cause de la disparition de 200 millions de livres.

Willow écarquilla les yeux en lâchant la main de l'homme. Elle se tourna vers Andrew, qui arborait le même air paniqué. Les lèvres serrées, elle fit un signe de tête à son camarade pour lui dire d'aller chercher Giles. Comprenant la demande, le jeune homme obéit.

"Oh, euh, en…entrez. Je suis Willow Rosenberg," dit la rouquine en s'écartant pour laisser passer le visiteur. Ensemble, ils se dirigèrent vers le salon. "Désirez-vous quelque chose à boire? Ou à manger?" offrit-elle avec un sourire incertain.

"Oh non, merci. Je me demandais seulement si nous pouvions s'occuper du petit problème qui m'a mené ici," répondit-il en s'assoyant sur un des sofas…pour se relever quelques secondes plus tard, puisque Giles arriva à cet instant.

"Bonjour. Je suis M. Giles," dit l'observateur en se dirigeant vers l'autre homme. Serrant la main de ce dernier, Giles l'invita à s'asseoir, en faisant de même en face de lui. "En quoi pourrions vous être utile, M. DeVeer?"

"Comme je viens de le dire à Mademoiselle Rosenberg, nous avons un problème à régler. Il semble que plusieurs millions de livres aient disparu d'un de nos deux comptes dans une banque suisse, et nous essayons de découvrir où ils sont allés," dit sérieusement l'homme. "En tant que membre du conseil, peut-être pourriez-vous nous aider?" ajouta DeVeer avec un sourire entendu. Giles garda son calme.

"Ah, oui. Et…qui exactement est ce 'nous'?" demanda Giles pour que l'autre homme s'explique.

"Oh, pardonnez-moi. Je représente le Conseil des Observateurs."

"Nous sommes le Conseil des Observateurs," rétorqua fermement Giles. "L'ancien conseil a été détruit. Et, à notre connaissance, il n'y a eu aucun survivant. Nous avons essayé de contacter certains membres, mais le seul que nous avons pu rejoindre est M. Robson, un collègue dont la protégée est morte. Je suis désolé, M. DeVeer, mais je ne crois pas pouvoir vous aider," répondit Giles.

"Oui, bien…le conseil n'a pas complètement été détruit. Ceux d'entre nous qui restent sont en train de remettre les choses en place. La destruction du conseil est très exagérée, M. Giles."

"Alors, puis-je savoir où vous étiez tous durant les 12 derniers mois?"

"Avec la menace du 'Premier', tous les membres du Conseil ont dirigé des opérations souterraines," expliqua DeVeer.

"Ils se sont cachés, vous voulez dire?" rétorqua Willow.

"Quel acte de bravoure!" ajouta sarcastiquement Giles avant de se tourner vers la sorcière. "Et moi qui suis là à idiotement perdre mon temps au front."

Willow lui sourit.

"Vous ne devriez pas croire les rumeurs," continua DeVeer, ne tenant pas compte du commentaire de Giles. "Peut-être devriez-vous contacter James Tyrell. Vous vous connaissez bien, si je ne me trompe pas. Je suis certain qu'il pourra éclaircir toute cette histoire," dit l'homme avec un petit sourire.

"Je me suis dit qu'il devait être mort lors de l'explosion. Seriez-vous en train de me dire qu'il est toujours en vie, M. DeVeer?" questionna Giles, essayant de tout assimiler.

"Exactement, M. Giles. Je lui ai justement parlé ce matin. Appelez-le, voyez par vous même ce qu'il a à dire." Sur ces mots, M. DeVeer lui tendit une carte d'affaire. "Son numéro est à l'endos."

Giles se leva et signala. Willow, Andrew et M. DeVeer pouvaient entendre tout ce que Giles disait à son interlocuteur.

"Oui, ici Rupert Giles. J'aimerais parler à M. James Tyrell," dit-il avec désinvolture.

"Tyrell? Ici Rupert Giles…pour tout vous avouer, je ne pensais pas vous reparler un jour," dit-il en souriant. "Ah…oui, oui, je comprend. Il y a beaucoup de travail à faire, et vous n'avez certainement pas de temps à perdre à visiter de vieux amis. D'après ce que M. DeVeer m'a dit, vous avez beaucoup à faire présentement."

Durant toute la conversation, Willow et Andrew échangèrent des regards inquiets en essayant de comprendre de quoi il était question. Après avoir posé le combiné, Giles s'excusa auprès de M. DeVeer.

"Je…je suis désolé. Vous avez bien reçu l'autorisation de parler au nom de l'ancien conseil. Ils vous font entièrement confiance."

"Oui, bien, c'est compréhensible. Je crois que le conseil n'aura aucun problème avec ce que vous faites, M. Giles. Après avoir entendu vos motivations, bien sûr," expliqua M. DeVeer. Il se redressa et se pencha un peu en avant en poursuivant. "Nous n'allons pas nous occuper de l'argent," confia-t-il en souriant.

À ces mots, Willow s'assit à côté de Giles et se détendit. Andrew fit de même, fermant les yeux en souriant. Giles, pour sa part, ne broncha pas.

À ce moment, un groupe de filles entrèrent dans la pièce, guidées par Kennedy et Rowena qui se disputaient à propos de ce qui s'était passé plus tôt.

"Dangereux? Tu penses que ÇA c'était dangereux? Tout était sous contrôle. C'est TA petite cascade qui nous a toutes mises en danger!" dit Kennedy en se tournant vers la femme blonde, les mains sur les hanches. "C'est TOI qui est arrivée et qui a tout foutu en l'air!"

Entendant le vacarme, Faith accourut, pieu en main, s'attendant à se faire accueillir par une horde de vampires ou de démons. En remarquant que les autres tueuses étaient revenues avec une étrangère, elle s'arrêta net et écouta la dispute en silence.

"Ce n'est pas vrai. Je te le dis, il faut toujours d'abord faire une reconnaissance pour assurer la protection du groupe. Vous ne pouvez pas juste aller là pour le plaisir de vous battre," expliqua Rowena. "Vous avez été chanceuses que j'intervienne. Si je ne l'avais pas fait, qui sait ce qui serait arrivé? Patrouiller, c'est beaucoup plus compliqué que tu le penses. Ce n'est pas juste se promener dans la rue en attendant qu'un vampire se pointe."

"Excuse-moi? On a accompli notre mission, et personne n'a été blessé. On a toujours agit de la même façon, et ça a toujours marché. Et la dernière chose dont on a besoin, c'est bien d'une 'miss je sais tout' qui vienne nous dire quoi faire. On n'avait pas besoin de ton aide. Et, en passant," répondit Kennedy en s'approchant de la blonde, "ON a sauvé ton gros derrière! Alors tu devrais me remercier."

Ils portaient tous tant d'attention à la conversation que personne ne vit que Wood était venu rejoindre Faith.

"C'est ça. Et où était votre observateur pendant tout ce temps? Toutes les missions doivent être supervisées par un observateur. Et il est évident qu'aucune d'entre vous n'en est un," dit Rowena en regardant le groupe devant elle.

Kennedy chercha sa petite-amie des yeux, s'approcha d'elle et mit son bras autour de sa taille. "C'est mon Observatrice," dit-elle à la femme agitée.

En entendant cela, et remarquant la proximité des deux femmes, la blonde haussa un sourcil. Puis, se tournant vers Willow, elle demanda, "Et où étais-tu exactement, pendant que ta protégée risquait sa vie?"

Tous les yeux étaient maintenant braqués sur la rouquine. N'étant pas préparée pas à cette attaque de la part de Rowena, elle ne sut pas quoi répondre. "Bien, euh…je…je ne suis pas vraiment sa protectrice. Je suis plus comme sa petite-amie, en fait. Euh…elle est ma petite-amie. Bien…on sort ensemble, et…qui es-tu exactement?" s'enquit Willow en expliquant ce qui la liait à la tueuse.

"QUOI?!? Mais êtes-vous folles?" s'exclama Rowena en examinant le couple. Avant qu'elle puisse ajouter quoi que ce soit, Kennedy explosa.

"Hé!" s'écria-t-elle, s'écartant de Willow et parcourant rapidement la distance qui la séparait de la femme blonde. "T'es pas au bon endroit si t'as un problème avec le fait que deux femmes puissent être ensemble."

À chaque mot qu'elle prononçait, Kennedy devenait de plus en plus enragée. Faith voulut aller essayer de la calmer, mais Wood l'en empêcha.

"Deux femmes?! Tu penses que c'est ça qui me dérange? Vous pouvez bien sortir avec toute l'équipe olympique de gymnastique féminine si ça vous chante," répondit Rowena. "Vous ne savez donc pas qu'il y a une limite à la relation Tueuse/Observateur? Une fontière à ne pas franchir?" Elle se tourna ensuite vers Willow. "Mais qu'est-ce qui a bien pu te passer par la tête?"

Willow essayait de trouver quelque chose à lui répondre quand M. DeVeer se décida enfin à intervenir.

"Si vous voulez bien m'excuser, j'aimerais vous présenter Rowena Allister," dit-il, se tournant vers la femme blonde.

"Ah oui," répondit Giles, "j'ai entendu parler de votre travail. Je suis désolé pour ce que les Harbingers d'Istanbul ont fait à votre potentielle. Ça a dû être horrible," dit-il, la tristesse se lisant dans ses yeux.

"Oui, ça l'a été. Merci, M. Giles," dit solennellement Rowena.

"Comment est-ce qu'elle pourrait être une bonne observatrice?" remarqua Kennedy, encore fâchée.

Faith tourna immédiatement la tête vers elle et allait dire quelque chose, mais Willow fut plus rapide. Le regard qu'elle lança à Kennedy fit regretter à cette dernière ses paroles. Après un court instant de réflexion, la jeune tueuse se tourna vers la blonde. "Ex…excuse-moi. Je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça," dit-elle.

"Ça va," répondit Rowena.

Kennedy lança un regard en direction de Willow et vit qu'elle ne l'avait pas quittée des yeux, les bras croisés.

"Quoi? Elle m'a mise hors de moi," expliqua Kennedy.

"Hum, oui, bon," dit Giles en allant vers la porte, "que pensez-vous d'une réunion demain après-midi? Ça va laisser le temps à tout le monde de se calmer, et nous allons enfin pouvoir nous occuper des vrais problèmes."

"Oui, c'est vrai. Une réunion demain nous laisserait à tous du temps pour décompresser," dit Willow en regardant Rowena et M. DeVeer.

"Parfait. Heureux de tous vous avoir rencontrés," dit poliment M. DeVeer. "À demain."

Suivit de près par Rowena, il sortit de l'immeuble. Ni l'un ni l'autre ne vit la camionnette en train de filmer la bâtisse.

Au moment où Giles referma la porte, tout le monde se mit à parler en même temps.

"Ok, ok! Silence!" dit Willow d'une voix forte, attirant encore une fois l'attention sur elle. "On a d'autres chats à fouetter."

"Elle a raison. On a beaucoup d'autres choses à discuter," dit Giles.

"On devrait commencer par tous s'asseoir et relaxer," suggéra Willow en montrant l'exemple. Quand tous les autres l'eurent imitée, elle continua. "J'ai essayé de comprendre les rêves qu'on a fait, mais je n'ai presque rien trouvé. Tout ce que je sais, c'est qu'il y a eu une série de meurtres d'enfants dans cette ville l'an dernier. Le principal suspect, Richard Malloy, est mort suite à une mauvaise chute, ce qui a mit fin aux assassinats."

Rona l'interrompit. "Attends. Malloy? Comment ça se fait que ça me dit quelque chose?"

"Apparemment, Hank, notre réparateur, avait un frère jumeau, Richard," dit Giles.

"Eh bien, notre nouvel ami a de sombres secrets," répondit Wood.

"Ça te surprend?" lui demanda Faith. "C'est une bouche de l'enfer, je suis sûre que tout le monde dans cette ville a des secrets," ajouta-t-elle.

Willow poursuivit. "J'ai essayé de trouver des cas de crimes similaires, mais il n'y avait pas des signes distinctifs, seulement des enfants poignardés. Il y avait beaucoup trop de résultats pour que ça serve à quelque chose."

En entendant cela, Andrew serra son ventre. S'apercevant que les autres l'avaient vu faire, il s'empressa de s'expliquer. "Désolé. J'ai juste un peu mal au cœur. Quelqu'un qui tue des enfants innocents pour le plaisir? C'est malade."

"Je pense que nous devrions parler à Hank, demain. Peut-être qu'il a quelque chose d'important à nous dire, quelque chose qui pourrait nous mener dans la bonne direction," suggéra Giles. "Par contre, si les rêves n'arrêtent pas, chacun d'entre nous devrait garder un crayon et du papier près de son lit. Des détails qui semblent insignifiants pourraient s'avérer être d'une importance capitale. Nous devrions donc écrire tout ce dont nous rêvons, au cas où ça pourrait servir."

INT. Chambre de Willow et Kennedy – Nuit

Cleveland

"Je l'ai presque refait," dit doucement Kennedy. Sa tête était posée sur l'épaule de Willow. Les deux femmes étaient appuyées contre la tête de lit, enveloppées dans un amas de couvertures.

"Refait quoi?" demanda la rouquine. Kennedy fit une courte pause et humecta ses lèvres. "Chérie?" insista Willow.

"Tué une fille," marmonna la tueuse. "Rowena avait raison. Je leur ai fait courir un gros risque. J'ai lancé les filles dans la bataille et ça a presque tué Vi…exactement comme j'ai poussé et tué Chloé."

"Tu n'as pas tué Chloé," lui dit doucement Willow. "C'était un suicide, causé par le 'Premier'. Et pour ce qui est arrivé ce soir, tu as fait ce que toute bonne Tueuse se doit de faire. Tu as nettoyé un nid."

"C'est juste que je n'arrête pas de penser à toutes les choses que j'aurais dû faire différemment. Peut-être pas autant éparpiller l'équipe…peut-être-Oh, je ne sais pas. Peut-être que j'aurais dû d'abord faire une reconnaissance, comme l'a dit Rowena, au lieu de me lancer aveuglément. Peut-être que j'étais plus en colère contre moi-même que contre Rowena."

"Peut-être que c'est pour ça que son commentaire t'a tellement dérangé tantôt?"

Kennedy haussa les épaules. "Ouais, peut-être."

"Hé, je vous connais, vous, les tueuses." Willow sourit en passant sa main dans les cheveux de Kennedy. "Et tu es bonne. N'en doute pas, Ken. Pas même une seconde. Oui, tu as encore des choses à apprendre…comme tout le monde. Je côtoie Giles depuis 7 ans maintenant, mais ça ne fait pas de moi une Observatrice pour autant. Moi aussi j'ai des choses à apprendre. Mais petit à petit, on va y arriver."

"Qu'est-ce qui te fais croire que je vais y arriver?" demanda Kennedy.

"Je crois en toi. Tu es dévouée et tenace et…"

"Sexy?"

Willow sourit. "Oui, sexy aussi. Et tu n'as rien à te reprocher, parce que tout ce que tu as fait c'était pour rendre le monde meilleur. C'est noble, je respecte ça."

Un sourire se forma lentement sur les lèvres de Kennedy. "Promets-moi que tu vas me respecter demain matin."

"À quoi tu penses?" la taquina Willow, reconnaissant le ton dans la voix de sa petite-amie.

Kennedy s'écarta brièvement de la sorcière et lui fit un sourire malicieux avant de disparaître sous les draps. Willow se mit à rire, mais s'arrêta brusquement, le souffle coupé. "Je vais te respecter," réussit-elle tout de même à dire, en s'étendant sur le lit.

INT. Conseil des Observateurs – Nuit

Cleveland

"Oh, te voilà. Tu t'es comme, tu sais, sauvé la dernière fois. Ça va?" demanda Willow au petit garçon dans son rêve.

Sans un mot, le garçon se retourna et commença à marcher. Silencieusement, elle le suivit en bas de l'escalier, surveillant ses moindres mouvements. Ses pas réguliers furent stoppés quand un homme s'approcha.

"Tiens, prends un peu de fromage. Suisse ou Cheddar?" demanda-t-il en tendant un petit plateau.

"Euh, non merci," refusa-t-elle poliment en continuant de suivre le petit garçon.

Soudainement, elle vit l'enfant s'arrêter. Elle se plaça à côté de lui et regarda un inconnu s'accroupir et enlever une sorte de panneau. Après avoir méticuleusement placé l'objet qu'il tenait dans la petite ouverture, il remit le panneau en place. Willow observa intensément pendant que la silhouette se dissipait.

Se retournant vers l'endroit où le petit garçon était, elle remarqua qu'il était parti. Lentement, elle alla jusqu'au panneau, près des fenêtres, et le retira. Elle fut éblouie devant la beauté de l'objet, une dague brillante et stylisée, en or et argent. Soudainement, il sembla prendre vie. Willow agrippa le manche, mais il se dirigeait, malgré tout, droit vers son cœur. Elle fit un effort pour l'arrêter, mais c'était peine perdue. D'un coup sec, la dague alla se planter dans sa poitrine.

INT. Chambre de Willow et Kennedy – Nuit

Cleveland

Willow sursauta avec assez de force pour réveiller Kennedy. La tueuse alluma aussitôt la lampe, pour trouver sa compagne assise sur le lit.

"Will?"

"Il y a quelque chose ici," répondit-elle en essayant de reprendre son souffle.

 

 

Acte Trois

 

 

INT. Salle d'ordinateurs de Willow – Conseil des Observateurs – Jour

Cleveland

 

"Je pense que je vais brûler ce nouveau scanner quand je vais avoir fini avec tout ça," dit Willow en prenant un autre dessin sur la haute pile près d'elle. "Toutes ces images de dagues commencent à se ressembler et…et je n'ai pas encore vu celle de mon rêve," continua-t-elle pendant que Giles lisait les informations qu'elle avait trouvées sur les frères Malloy.

À ce moment, on frappa à la porte d'entrée et Giles quitta la pièce pour aller ouvrir.

INT. Vestibule du Conseil des Observateurs – Un peu plus tard

Cleveland

Quand Giles arriva au vestibule, il vit qu'Andrew était déjà là.

"Oh, bonjour M. Malloy. Comme c'est bon de vous revoir," dit-il en souriant poliment.

"Merci," dit Hank alors qu'il se trouvait toujours à l'extérieur.

Après un moment, Andrew s'écarta pour laisser l'homme passer. "Oh! Désolé, entrez."

En entrant, Hank fut accueilli par Giles.

"Euh…M. Malloy, j'espérais pouvoir m'entretenir avec vous aujourd'hui," dit calmement Giles.

"Oui, certainement. Tant que ça ne prend pas trop de temps. J'aimerais commencer à travailler, j'ai beaucoup à faire," répondit-il en souriant.

"Oui, bien sûr," dit Giles en guidant Hank vers une salle inoccupée.

INT. Salle de conférence – Conseil des Observateurs – Un peu plus tard

Cleveland

Giles ferma la porte pour qu'ils ne soient pas dérangés, mais Andrew apparu presque immédiatement.

"Oh, hé. Je voulais seulement savoir ce qui se passait. Vous savez, comment va tout le monde," dit-il d'une manière peu convaincante.

Les deux hommes ne firent pas attention à lui et s'assirent à la table de conférence. Andrew s'assit dans un coin pour observer.

"Euh, M. Malloy," commença Giles, "je me demandais si vous pouviez m'en dire un peu sur votre passé. Tout ce qui a de l'intérêt ou de l'importance."

"Eh bien, il y en a beaucoup. Pour être honnête avec vous, M. Giles, on serait obligé de rester ici toute la journée si je vous racontais tout sur moi," dit-il avec un petit sourire.

Depuis son coin, Andrew commenta, d'un ton dramatique, "Du temps, on n'en manque pas. Dites-nous ce que vous savez et personne ne sera blessé."

Après avoir reçu d'étranges regards de la part des deux hommes, il se rassit sur sa chaise.

Ne portant pas attention au commentaire d'Andrew, Giles répondit, "Oui, oui, bien sûr. Je n'ai pas besoin de tout savoir sur vous, M. Malloy. Seulement, je suis curieux à propos de certaines choses…nous avons fait des recherches sur tous nos nouveaux employés, et avons remarqué quelques imformations sur votre frère, Robert. Pouvez-vous me raconter quoi que ce soit sur sa vie? Les accusations portées contre lui?" répondit Giles, sa voix toujours aussi calme.

"Bien…quand nous avions dix ans, nos parents se sont entretués. Ce n'est pas un sujet que j'aime aborder, vous comprenez." Hank leva les yeux vers Giles avant de continuer.

"Je suis vraiment désolé," dit sincèrement Giles.

"J'aimerais mieux ne pas entrer dans les détails, si ça vous va, M. Giles. Je n'en serais pas capable," dit Hank, avant de poursuivre son histoire. "J'ai participé à une grosse bagarre quand j'étais adolescent, alors j'ai dû passer quelque temps dans un centre pour délinquants juvéniles. Ce n'est pas quelque chose dont je suis fier mais, au fond, je pense que ça m'a aidé à long terme. Je suis devenu une meilleure personne. Mais Richard…"

Andrew, debout devant sa chaise, l'interrompit avec un autre commentaire. "Meilleure personne, hein? Je pense que vous vous retenez avec nous."

Il reçu encore une fois d'étranges regards. Giles le poussa gentiment, et recommença à l'ignorer. "Votre frère," dit Giles à Hank. "Pourriez-vous m'en dire un peu sur lui?"

"Bien…il naviguait d'emploi en emploi et fini par perdre sa maison. Il n'avait pas vraiment d'endroit où aller. Je lui ai offert mon aide, bien entendu, mais ça n'a pas fonctionné. Un matin, il m'a laissé une note m'informant qu'il ne voulait pas de ma charité. Puis, l'hiver dernier, il est tombé du toit de cet immeuble. Je n'ai vraiment aucune idée de ce qu'il pouvait bien être allé faire là-haut. Je crois que tout le monde voulait l'aider, mais il refusait toujours. La maniaco-dépression a été dure pour lui. Quand il était dans cet état, il restait à l'intérieur pendant des jours sans parler à qui que ce soit. Il ne voulait pas consulter un médecin, j'imagine qu'il était trop têtu," dit Hank en haussant les épaules. "Il a aussi commencé à prendre de la drogue. Ça m'a prit un certain temps avant de me l'avouer parce que, bien…c'était mon frère…mon jumeau, en fait. Alors ça m'a vraiment surpris quand j'ai réalisé à quel point on était différent."

Andrew donna encore une fois son opinion. "Vous ne nous avez pas tout dit, n'est-ce pas?" S'approchant de l'homme, Andrew reprit son ton dramatique. "Si vous savez ce qui est bon pour vous, vous allez tout nous dire!"

Giles leva les yeux au ciel, essayant de garder son sang froid malgré les constantes interruptions. "Andrew, je t'en prie," soupira Giles.

Voyant le regard que lui lançait Giles, Andrew retourna rapidement s'asseoir.

"Oui, je peux comprendre, M. Malloy," commença Giles, pinçant l'arête de son nez. "Si je peux me permettre de vous demander, pourquoi voulez-vous tant travailler ici? Personnellement, je crois que je trouverais très difficile de visiter l'endroit où mon frère est mort, et je voudrais encore moins travailler là."

"Euh, bien, vous savez," balbutia Hank, "…c'est assez difficile à expliquer. C'est comme si…comme si j'étais plus près de Richard quand je suis dans cet immeuble. Comme s'il y avait un lien ici que je ne peux trouver nulle part ailleurs. Je veux dire, je me sens encore coupable de ne pas l'avoir aidé autant que j'aurais pu le faire. Même s'il a refusé toutes les offres, il y a certainement quelque chose que j'aurais pu faire pour lui." Devant le silence de Giles et d'Andrew, il continua. "Pour être honnête, je suis surpris qu'il m'ait écouté quand je lui ai parlé de cet immeuble vacant.

"Vous lui en avez parlé?" demanda Giles.

"Eh bien, oui. Après qu'il soit parti, je l'ai cherché pendant plusieurs semaines avant de le retrouver. Je voulais le ramener à la maison, mais il a refusé. Alors au lieu de le traîner de force, je lui ai suggéré de venir ici pour avoir un abri. Personne n'avait utilisé l'endroit pendant des mois…jamais je n'aurais imaginé, même dans mes pires cauchemars, que sa vie se terminerait de cette façon."

"Cauchemars! On a fait des cauchemars!" lança Andrew depuis son coin. "Avez-vous rêvé de lui?"

Giles soupira.

"Oui, j'ai rêvé de lui. Mais il est tout à fait normal de rêver d'un parent décédé," expliqua Malloy.

"Euh, M. Malloy, j'ai entendu dire qu'il y avait eu quelques enfants assassinés dans cette ville l'an dernier, et que votre frère était le principal suspect. J'aimerais que vous me parliez de ça, si ça ne vous embête pas, bien sûr. Si c'est trop pour vous, nous laisserons tomber le sujet," dit Giles avec un sourire.

"Aussi triste que ça en a l'air, je crois les policiers quand ils affirment que Richard est le meurtrier. Au début, je n'aurais jamais imaginé qu'il puisse poser un tel acte. Mais, après avoir entendu toute l'histoire de la police, ça a commencé à avoir du sens."

"D'accord…je suis désolé si j'ai trop pris de votre temps, M. Malloy, ou si je vous ai offensé de quelque façon que ce soit. Je vais vous laisser à votre travail," dit Giles en se levant.

"Ça va," répondit Malloy. "J'ai réussi à accepter cette histoire. J'espère seulement que vous ne me punirai pas pour les erreurs de mon frère.

"Ne vous inquiétez pas," le rassura Giles. "Et je vous remercie d'avoir parlé avec tant de franchise."

Après que Hank eût fermé la porte derrière lui, Andrew alla aux côtés de Giles. "J'aurais vraiment apprécié que tu ne lui parles pas des rêves," dit Giles en se tournant vers le jeune homme. "À l'avenir, n'essaie pas de nous aider."

Reculant d'un pas, Andrew répondit, "Oh, désolé. J'en ai trop dit, hein?"

"En effet," dit l'observateur.

"Je suis vraiment désolé. À partir de maintenant, vous avez le droit de me dire de la boucler," dit fièrement Andrew.

À ce moment, la porte s'ouvrit et Willow entra. Ayant entendu la dernière phrase d'Andrew, elle demanda, "Oh! Est-ce que ça marche aussi pour moi?" Ne recevant aucune réponse, elle continua, "En tout cas, je voulais juste vous dire que la dague est une voie sans issue. J'ai cherché dans toutes les bases de données et dans tous les livres que j'ai pu, mais sans résultat," dit-elle.

"Pas de chance?" s'enquit Giles.

"Non. Absolument aucun résultat. Le style de la dague est étrange. Peut-être que c'est l'unique exemplaire? Bon, c'est vrai qu'on en a trouvé une semblable à Cincinnati il y a quelques mois. Un voleur l'a échappé en se sauvant de la police. J'ai imprimé une photo," dit-elle en tendant l'image à Giles. "C'est sûr que la dague a une quelconque importance dans notre histoire, sinon on ne rêverait pas d'elle. Il faut juste réussir à trouver ce que c'est," expliqua-t-elle.

Alors que tous trois regardaient l'image, la lumière vacilla. Levant les yeux vers le plafond, la jeune femme dit, "Ok, c'est quoi le problème? Il n'y a pas de tempête dehors, n'est-ce pas?"

"Hum, non. Je ne crois pas, je n'ai pas entendu de coup de tonerre," dit Giles en regardant autour de lui."

"Malloy qui joue avec l'électricité?" suggéra Willow.

"Non, il est menuisier," corrigea Giles au moment où les lampes commencèrent à s'éteindre et se rallumer continuellement. "Il est en train de s'occuper d'un mur au deuxième étage."

"Euh, ok, qu'est-ce qui se passe?" demanda Andrew, la peur évidente dans sa voix.

Se retournant vers lui, Giles s'écarta aussitôt pour éviter les ciseaux qui volaient vers lui. D'autres objets commencèrent aussi à les attaquer.

"Sortez d'ici!" cria Giles en ouvrant la porte pour laisser passer ses deux camarades. Ils dévalèrent l'escalier et se dirigèrent vers la salle d'ordinateurs quand d'autres items se mirent à voler autour d'eux.

"Attention!" hurla Giles. Au moment où ils plongeaient sous le bureau, toutes les portes de l'immeuble se mirent à claquer.

INT. Salle d'entraînement des Tueuses – Au même moment

Cleveland

Dans la salle d'entraînement, Faith, Kennedy et les autres se réfugièrent sous l'escalier lorsque leurs instrument de travail se mirent à voler autour d'elles.

"Restez calmes!" commanda Faith en levant les yeux vers les néons qui clignotaient.

"Qu'est-ce qui se passe?" lui demanda Kennedy.

Deux arbalètes se jetèrent sur la jeune tueuse mais, heureusement, Faith réussit à les intercepter.

"Tout le monde à terre!" ordonna cette dernière.

Faith attrapa un bâton qui tombait sur elles. Une fois au sol, elle se tourna vers Kennedy.

"Il faut qu'on aille voir si les autres vont bien," dit Faith, inquiète. "On doit amener les filles dans une pièce moins dangereuse. Un endroit où il y a moins de choses pointues et meurtrières."

"Restez groupées et surveillez vos arrières!" lança Kennedy au groupe. "Quand on vous le dira, suivez-nous sans vous bousculer, une derrière l'autre. Compris?"

"Oui, chef," répondirent en chœur les autres tueuses, à la façon militaire.

"T'es prête?" demanda Faith à son assistante. "Tu y vas la première, et je ferme la marche pour les protéger. Ok?"

Kennedy hocha la tête et se releva légèrement. "Ok, les filles. Courez!"

Au signal, les tueuses sautèrent sur leurs pieds et montèrent les marches en courant, esquivant les débris. Faith se tenait au bas de l'escalier et libérait le chemin à l'aide du bâton.

Une fois en haut, Kennedy ouvrit la porte et la tint ainsi pour laisser passer les autres. "Allez à l'immeuble du conseil, en une seule file. Maintenant!"

Elle surveilla les tueuses tout en gardant un œil sur Faith, qui montait les marches à reculons en repoussant les objets volants. "Viens t'en!" lui cria Kennedy quand la dernière tueuse eût passé la porte.

Immédiatement, Faith se retourna et gravit les dernières marches en courant. Elle avait presque atteint la porte quand elle sentit une flèche s'enfoncer dans son mollet.

"Putain!" hurla-t-elle en tombant dans le corridor. Rapidement, Kennedy referma la porte et s'agenouilla près de Faith.

"Mon Dieu, ça va?" demanda Kennedy.

"Mes pantalons préférés," dit Faith en retirant la flèche d'un coup sec.

"Oublie les pantalons. Comment va ta jambe?" s'enquit Kennedy.

Faith haussa les épaules. "Ça m'a seulement effleurée, mais mes pantalons sont finis. Merde!"

Kennedy laissa s'échapper un soupir de soulagement et leva les yeux au ciel. "Allez, on doit rejoindre les autres.

INT. Conseil des Observateurs – Un peu plus tard

Cleveland

Sous le bureau, Willow essaya de lancer un sort, "Conquiesto, Desisto, Eval…" mais l'attaque s'intensifia. Elle dût se jeter sur le côté pour éviter plusieurs objets, ce qui interrompit l'incantation et empêcha donc le sort d'agir.

Giles poussa Andrew alors que des coupe-papier, des stylos et des crayons se rapprochaient dangereusement d'eux.

INT. Quartiers privés du Conseil des Observateurs – Au même moment

Cleveland

Travaillant seul dans une salle, Hank ne bougea pas d'un centimètre quand les événements se produisirent. Terrifié, il se mit à appeler son frère.

"Richard? Richard! Qu'est-ce que tu veux? Qu'est-ce que tu veux de moi?"

INT. Conseil des Observateurs – Un peu plus tard

Cleveland

Entendant ces mots, Giles et Willow se regardèrent.

"Partez," dit-elle à Giles. "Je dois finir l'incantation."

L'observateur réfléchit un instant, puis hocha la tête fermement. En s'en allant, il ramassa une corbeille de papier recyclé pour s'en servir comme un bouclier.

INT. Vestibule du Conseil des Observateurs – Au même moment

Cleveland

La porte d'entrée s'ouvrit. M. DeVeer et Rowena entrèrent dans l'immeuble et se précipitèrent vers Giles en évitant les fleurets d'escrime qui virevoltaient maintenant dans les airs.

Arrivées à l'intérieur de l'immeuble, les tueuses suivirent le groupe de Giles.

Alors qu'un des fleurets transperça un vase, Kennedy commenta, "Oh! Je ne pensais pas qu'une si petite épée pouvait faire tant de dommage."

"T'as raison," répondit Wood.

"Avancez," leur dit Faith.

M. DeVeer cria, pour se faire entendre malgré le vacarme. "Mais qu'est-ce qui se passe ici?" demanda-t-il en surveillant le moindre danger.

"Est-ce qu'on peut faire quoi que ce soit pour aider?" demanda Rowena en continuant d'éviter les projectiles.

Willow s'assit sur le sol et ferma les yeux, essayant de ce concentrer.

Apercevant sa copine, Kennedy comprit ce qu'elle allait faire. Elle vit une calculatrice la heurter dans le dos, mais la rouquine ne broncha pas. Kennedy accourut à ses côtés pour la protéger.

Willow répéta les mots de l'incantation. "Conquiesco, Desisto, Evalesco Quies!" Aussitôt le dernier mot prononcé, le calme revint.

"Ça a l'air d'avoir fonctionné," remarqua Rowena en se relevant.

Kennedy aida Willow à se remettre sur ses pieds et la fit se retourner. Soulevant un peu la blouse de la sorcière, la tueuse examina son dos. "As-tu mal?"

"Non, ça va. Mais je ne sais pas combien de temps le sort va agir. Alors peu importe ce qu'on décide de faire, on doit agir vite," expliqua Willow.

Se retournant vers le haut de l'escalier, Rowena aperçu Hank qui venait vers eux. Sa main pressait le côté de son torse, ayant apparemment été heurté par quelque chose.

Rowena, DeVeer, Giles, Wood, Willow et Andrew se précipitèrent pour lui venir en aide. Ils l'amenèrent dans une salle qui contenait un sofa.

Faith regarda Kennedy et pointa le haut de l'escalier. "Va avec Will," lui dit-elle. "Rona, surveille les filles," ajouta-t-elle en montant à son tour.

Kennedy pénétra dans la pièce pour veiller sur Willow.

"Que quelqu'un m'apporte une trousse de premiers soins," ordonna Rowena.

Andrew obéit et revint quelques instants plus tard, la trousse en mains.

Giles se tourna vers le reste du groupe. "Ça a certainement un lien avec les rêves que nous avons fait. Nous devons nous en occuper maintenant, il n'y a pas de temps à perdre."

Giles guida le petit groupe vers la salle de loisirs, où ils s'assirent.

"Je dois savoir tout ce qui est arrivé dans vos rêves la nuit dernière. Chaque petit détail peut être utile."

"Eh bien," commença Faith, "c'était le même enfant que l'autre nuit, seulement il m'a amenée dans un endroit bizarre. Quand on est arrivé là, j'ai vu quelqu,un cacher quelque chose, mais je n'ai pas pu voir de quoi il s'agissait. Il y avait un petit trou dans le mur et, quand je me suis approchée, j,ai vu une sorte de couteau."

"Sais-tu où ça se trouvait?" demanda Giles. "As-tu remarqué quelque chose qui pourrait servir de repère pour le retrouver?"

Après avoir fait une courte pause pour essayer de se remémorer son rêve, elle répondit, "Non, c'était à l'intérieur de quelque chose. Il y avait une fenêtre dans le mur et on a monté un escalier, mais c'est tout."

"Quelqu'un d'autre a fait un rêve similaire?" demanda Giles.

"Ouais, j'ai vu un escalier et une fenêtre," répondit Kennedy. "Et c'était la même fille que l'autre nuit. Mais c'est Willow qui a fait le pire rêve…le couteau l'a poursuivie. Je me suis réveillée avant que ça m'arrive."

"Ouais, moi aussi," dit Wood. Le même enfant, et j'ai vu une fenêtre et des marches. Mais je ne sais pas où on était."

"Hum, j'ai vu la même petite fille, mais je n'ai rien vu à part le sol," dit Andrew. Ayant attiré l'attention de tout le monde, il poursuivit. "On était sur le toit. Avant que j'ai pu réaliser ce qui se passait, quelqu'un m'a poussé et la dernière chose dont je me souviens est la vitesse à laquelle le sol venait vers moi. Je me suis raidit et c'est alors que je me suis réveillé."

Giles fut silencieux pendant un moment.

"Bien, je…je ne sais pas exactement ce que tout ça veut dire. Par contre, nous avons tous le même souvenir d'un enfant, d'une fenêtre et d'un escalier," pensa-t-il tout haut. Il regarda le groupe. "J'ai une idée."

Giles quitta la pièce.

Curieux, Willow, DeVeer, Wood et Faith le suivirent. Kennedy retourna voir Rowena et Hank.

INT. Troisième étage du Conseil des Observateurs – Un peu plus tard

Cleveland

Giles et ceux qui l'avaient suivi étaient debout dans une pièce vide de l'immeuble. Elle avait encore besoin de rénovations.

"Ok, c'est épeurant," dit Willow. "C'est la même pièce, Giles."

Giles inspecta le sol et le mur près de la fenêtre. Empoignant un marteau qui avait été abandonné là, il frappa sur un panneau dans la paroi. Quand il eût percé un trou de bonne taille, il y fit passer sa main. Et quand il la ressortit, ils reconnurent tous la dague qu'ils avaient vue dans leur rêve.

 

 

Acte Quatre

 

 

INT. Conseil des Observateurs – Jour

Cleveland

 

Étendu confortablement sur le sofa, Hank Malloy leva les yeux et vit Andrew qui le regardait.

"Voulez-vous que je vous apporte de l'eau? Je suis sûr qu'on a quelque chose de meilleur, mais c'est normalement ça qu'on donne aux malades. Je n'ai jamais compris pourquoi, d'ailleurs. Je veux dire, quand je suis malade, j'aime mieux quelque chose qui a du goût," dit-il en souriant.

"Euh, non merci. Ça va," répondit Hank.

"Et quelque chose à manger? Avez-vous faim? Vous savez, je suis un excellent cuisinier. Tout le monde en parlait, l'autre jour, au déjeuner," se vanta Andrew.

"Non, je n'ai pas tellement faim non plus."

"Oh, ok alors. Voulez-vous regarder la télévision? Rien ne me fait me sentir mieux qu'un…" Il fut interrompit par Hank.

"En fait, je crois que j'ai seulement besoin d'un peu de repos. Je suis certain que ça va beaucoup m'aider. Tu sais, la paix et le silence," dit-il poliment.

"Ok. Je vais être juste à côté si vous avez besoin de moi. Criez mon nom…ou pas. Je ne serai vraiment pas si loin," dit Andrew en allant s'asseoir sur une chaise près de la porte.

Kennedy et Rowena s'éclipsèrent pour aller rejoindre le groupe de Giles dans l'autre pièce.

"Nous pouvons essayer de vous aider pour régler cette affaire," leur dit Rowena.

"On peut s'en occuper nous même," répondit Kennedy. "Willow est très puissante quand il est question de ce genre de choses."

"Oui, mais vous avez besoin d'aide pour trouver ce qui se passe."

"Écoute. Tout ce que je dis c'est que vous n'avez pas besoin d'être ici présentement, dit Kennedy, les mains sur les hanches. "On peut avancer plus vite si on ne vous a pas dans les jambes."

"Oui, tu marques un point," répondit DeVeer. "Je pense que ce qu'on doit régler avec M. Giles peut attendre."

"Quoi?" dit Rowena. "On ne peut pas partir, pas maintenant. Ça serait de la folie." Elle se tourna vers Giles avant de continuer. "Vous avez besoin de toute l'aide disponible, surtout à cause de tout le mystère entourant la dague."

Willow était justement en train de fixer l'objet des yeux. Soudain, elle eût une idée.

"Je vais essayer de capter les vibrations de la dague. Ça pourrait nous aider à comprendre quelque chose."

"Je ne pense pas que c'est une bonne idée," intervint Rowena. "Tu courrais un gros risque en faisant ça."

"C'est vrai," répondit Giles. "Si vraiment cette dague a quelque chose à voir avec les meurtres, son aura pourrait être très dangereuse pour toi, Willow," ajouta-t-il avec un air inquiet. "Ça…ça serait comme goûter à de l'eau pour vérifier si elle était véritablement toxique."

"Après le rêve que j'ai fait, Giles, ça ne me dérange pas de goûter à de l'eau toxique si ça peut empêcher cette chose-là de me poignarder, 'k? De toute façon, il faut le faire…et je peux m'en charger. Si…si je ne m'en sentais pas capable, je n'en aurais pas parlé," dit-elle, essayant de convaincre les autres Observateurs. Avant que ceux-ci n'aient eu le temps d'ouvrir la bouche, elle poursuivit. "Cette dague est encore une menace. Elle est toujours dangereuse. Les esprits sont partis pour l'instant, mais ils vont revenir."

"D'accord," dit Giles. "Mais si ça devient trop dur pour toi, tu arrêtes tout."

"Oui, promis. Allons-y," répondit la rouquine en se préparant.

Giles resta près d'elle, mais le reste du groupe s'éloigna et s'assit sur le sofa pour observer la sorcière. Celle-ci prit la dague doucement et la tint fermement à deux mains, en fermant les yeux. Elle commença à diriger son énergie vers l'objet.

Soudainement, Willow ouvrit les yeux et échappa la dague sur la table. La voyant se tenir la tête, les autres remarquèrent que quelque chose n'allait pas, et Giles mit ses bras autour d'elle pour s'assurer qu'elle ne tombe pas.

Kennedy sauta sur ses pieds et accouru. "Qu'est-ce qui ne va pas? Qu'est-ce qui est arrivé?" demanda-t-elle, paniquée.

"Je ne me sens pas très bien," dit Willow, essayant de se tenir droite. "Je…il faut que je m'assoie. Ça dérange quelqu'un si je m'évanouis?"

Kennedy et Giles la soutinrent jusqu'au sofa. "J'ai juste un peu mal au cœur. J'imagine que l'incantation que j'ai fait tantôt m'a rendue un peu plus faible que je le pensais. Mais…mais ça va aller."

En entendant ces mots, Andrew accouru pour voir comment elle allait, laissant Hank seul.

"Est-ce que je peux faire quelque chose? Apporter des médicaments peut-être? Tylenol? Advil?" demanda-t-il, paniqué. "Ou peut-être de l'aspirine. Non, peut-être Midol. Ibupofren est un bon anti-inflammatoire, mais Zantac serait probablement mieux pour des brûlements d'estomac…"

Il fut interrompu par Giles.

"Andrew…vas donc chercher des aspirines."

Après avoir hoché la tête, le jeune homme sortit rapidement de la salle pour aller chercher le médicament.

Faisant semblant d'être endormi, Hank entendit le va-et-vient dans l'autre pièce. Il se leva prudemment et sortit de la salle où il était. Voyant que tout le monde s'occupait de Willow, il tendit la main et prit la dague.

En s'éloignant, il examina l'objet et commença à murmurer.

"Maintenant on peut continuer notre travail. Je pensais ne jamais plus te revoir. Richard n'aurait jamais dû te voler, mon amie, mais au moins il a été puni."

Les yeux fermés à cause de la douleur causée par la migraine, Willow essayait de se concentrer pour transmettre aux autres les résultats de l'expérience.

"Elle…elle a été fabriquée à la main…par le tueur. Le design est unique, et elle compte beaucoup pour lui. Les meurtres faisaient partie d'un rituel, et l'assassin avait besoin de la dague pour les accomplir. C'est pourquoi ça a arrêté, la dague ayant été perdue."

"Mais Richard est mort," lui dit Giles.

"C'était pas lui le meurtrier. Il a caché l'arme pour empêcher le tueur de continuer," dit Willow.

"Peux-tu savoir à qui elle appartient?"

"Non, pas exactement, mais c'est évident qu'il est encore en vie et…et qu'il est à sa recherche pour pouvoir continuer son travail. Ça veut dire qu'il faut qu'on le trouve d'abord et…oh non!"

"Quoi? Qu'est-ce que tu vois?" demanda Giles.

"C'est Hank. C'est lui le meurtrier!"

Lançant un coup d'œil vers la table, Kennedy remarqua que quelque chose avait changé. Soudainement, elle se rendit compte de quoi il s'agissait. "Euh…où est rendue la dague?"

Les autres suivirent son regard et virent que l'objet avait bel et bien disparu.

Giles et Rowena sortirent dans le corridor et aperçurent Hank qui descendait les marches. Sachant qu'il était trop loin pour qu'il puisse l'arrêter, Giles cria. "Arrêtez-le! Il a un couteau!"

En entendant cela, Rona et les autres accoururent dans le vestibule. Rona réussit à rejoindre Hank et l'attaqua par derrière. Il essaya de riposter avec la dague, mais la tueuse n'eût aucun mal à l'éviter et à le désarmer.

Faith sauta par dessus la rampe d'escalier et alla l'aider. Ensemble, les filles le remirent sur ses pieds et le poussèrent jusqu'en haut. Quand il commença à se débattre, elles le soulevèrent et le traînèrent pendant le reste du trajet.

Rona remit la dague à Giles alors que les autres tueuses obligeaient Hank à s'asseoir.

De l'autre côté de la rue, la camionnette noir avait enregistré chaque mouvement et chaque son sur cassette, comme elle l'avait fait jusque là.

Réfléchissant vite, Willow sauta sur ses pieds et dit tout haut, "ACCLARO!"

Elle commença une incantation et, ensuite, comme si un rideau s'était ouvert, les fantômes des victimes d'Hank Malloy apparurent.

Willow s'écroula sur le sol, mais continua l'incantation. Kennedy voulut aller près d'elle, mais Giles l'en empêcha.

"Non, reste ici," dit-il, le bras tendu pour lui barrer la route. "Pas de mouvement brusque. Laisse-la finir."

Étant les plus près, Rowena et Andrew s'accroupirent près de la sorcière pour garder un œil sur elle.

"Je comprend votre colère," dit Giles aux esprits. "Mais vous devez trouver la paix. Maintenant que votre assassin est révélé, vous êtes enfin libres."

Les fantômes semblaient écouter attentivement. Ensuite, un autre esprit apparut. Le nouveau venu ressemblait à Hank, mais tout le monde sût qui il était réellement.

"Non! Non, ça ne se peut pas!" cria Hank en voyant son frère décédé qui le regardait. "Ce n'était pas ma faute! Tu n'aurais jamais dû voler mon amie! Mon travail est important. Le Présidium va se lever, je te le dis!"

Il rampa par terre, se mit en position fœtale et commença à pleurer de terreur.

Giles continua à parler aux esprits. "Vous avez déjà le sang d'un innocent sur les mains. J'imagine que vous l'avez pris pour Hank, n'est-ce pas?" Les esprits se lancèrent des regards de culpabilité. "Laissez tomber. Sachez que la justice va finalement être rendue, et reposez en paix."

Après un moment, les fantômes se dissipèrent et disparurent. Le dernier à partir était Richard, pleurant en regardant son frère qui tremblait sur le plancher.

INT. Conseil des Observateurs – Plus tard

Cleveland

Pendant que les ambulanciers passaient la camisole de force à Hank, Giles raconta à la police ce qui s'était passé.

"Oui, c'est ça. Il est devenu une personne tout à fait différente après avoir retrouvé la dague." Alors qu'il continuait à donner les détails, Rowena alla voir Willow.

"Les esprits…est-ce qu'ils sont vraiment partis?" demanda-t-elle gentiment.

"Oui, je pense," répondit Willow.

"Ça aurait été tellement plus simple si Richard avait remis Hank entre les mains de la police," dit Rowena.

"Ce n'est pas évident quand c'est de la famille. En serais-tu capable?"

"Pour que la justice soit rendue?" demanda Rowena. "Oui, je le ferais."

Willow lança un regard dans la direction de Faith, puis reporta son attention sur Rowena.

"Eh bien, c'est facile à dire, mais quand ça t'arrive pour vrai, quand il faut que tu prennes une décision, tu pourrais être surprise de tes choix."

Une fois la police partie, Giles se tourna vers le reste du groupe et vit que DeVeer parlait au téléphone.

Terminant son appel, DeVeer dit, "Je suis désolé, mais ils ont besoin de moi à Londres." Tournant le dos au groupe, il continua, "Peu importe ce que la Vieille Garde vous veut, ça va attendre. M. Giles, vous et vos associés êtes pleinement capables de vous battre du bon côté. En plus, Rowena va agir comme agent de liaison pour le conseil en attendant que je revienne. Si ça vous va, bien sûr," dit-il avec un sourire en serrant la main de Giles.

Se tournant vers le groupe, Giles remarqua l'air de Willow devant le regard faché de Kennedy. Il se retourna ensuite vers Rowena. "Bien sûr, vous êtes la bienvenue," lui dit-il.

La femme lui répondit avec un sourire. "Merci, M. Giles.

Quelques secondes plus tard, DeVeer était parti et le groupe commença à se dissoudre.

Giles amena Willow à part et commença, "La Vieille Garde est un groupe secret. Je ne pensais pas que des membres de l'ancien conseil puissent encore être en vie, et je ne crois pas une seconde que les choses sont aussi simples que ce que M. DeVeer a laissé entendre. En fait…je suis certain que ce n'est pas si simple. J'aimerais que Rowena reste ici pour qu'on puisse en apprendre davantage sur ce qui se passe réellement. La Vieille Garde a des contacts formidables qui pourraient s'avérer être dangereux."

"Est-ce qu'il leur en reste beaucoup?" demanda Willow.

"Je ne sais pas, mais nous devons en savoir plus. Et nous devons en faire nos alliés le plus tôt possible."

"Quel genre de contacts, Giles?"

"À ma connaissance?" demanda-t-il, et Willow hocha la tête. "IRS, des sénateurs, des ambassadeurs, Interpol, le FBI, le KGB…tous les groupes puissants. Il faut qu'on s'en occupe maintenant. J'aimerais qu'on ait plus de temps, mais…"

"J'ai compris. Je vais mettre tout le reste de côté et me consacrer entièrement à ça."

"Je ne considère pas Rowena comme une menace, mais…"

"Gardez vos amis près de vous…"

"Précisément. Et vos ennemis encore plus près. Si Rowena veut rester et observer, ça va. Et nous pouvons faire un peu d'observation nous même. D'accord?" expliqua Giles.

"D'accord," dit Willow en retournant vaquer à ses occupations.

INT. Manoir

Cleveland

"Alors vous voyez," expliqua l'agente immobilière à DeVeer, "l'équipe de nettoyage pour le Présidium va arriver demain et l'équipement sera là 48 heures plus tard.

"Parfait, merci," répondit M. DeVeer avant de signaler sur son téléphone portable.

INT. Bureau – Jour

Londres

James Tyrell et les autres se regroupèrent autour de la longue table. Crayon en main, les membres du groupe commencèrent à prendre note de ce qui se trouvait sur l'écran devant eux. Grâce à la mystérieuse camionnette noire, ils purent voir, dans les moindres détails, tout ce qui s'était passé au nouveau conseil de Cleveland.

Alors qu'ils regardaient un homme en camisole de force sortir de l'immeuble, le téléphone de Tyrell sonna.

"Ah, M. DeVeer. J'attendais de vos nouvelles. Avec un peu de chance, ce petit problème avec Rupert Giles devrait être réglé d'ici peu," dit-il. Il mit le haut-parleur en marche pour que les autres puissent entendre la conversation.

"Oui. Par contre, la chance n'est pas une chose sur laquelle nous pouvons compter," répondit DeVeer.

"Je vous assure, Vincent, que ce n'est pas ce que nous faisons. Est-ce qu'autre chose d'une quelconque importance s'est passé durant votre aventure?"

"Bien," commença DeVeer avec un sourire sinistre, "Les choses sont en train de se mettre en place."

À suivre...la semaine prochaine

Fin de l'acte 4